Nils Frahm

Solo

( Erased Tapes ) - 2015

» Chronique

le 22.04.2015 à 06:00 · par Sébastien T.

À l’heure où la technologie au service de la musique n’a jamais été aussi performante, permettant de créer ou reproduire n’importe quel type de son depuis n’importe quelle chambre d’étudiant, un instrument classique reste cependant omniprésent dans la musique contemporaine : le piano.

Ceux d’entre vous qui sont adeptes des grands espaces sonores et épurés, audiophiles connaisseurs et convertis aux sonorités des claviers (vintage) et du piano en particulier, vous n’êtes probablement pas étranger au superbe label berlinois Erased Tapes Records. Un label foisonnant de beaux projets qui héberge des groupes passionnants comme A Winged Victory For The Sullen, mais aussi de grands pianistes modernes tels qu’Olafur Arnalds, Peter Broderick ou encore Nils Frahm.

Ce dernier vient de sortir Solo. Plus qu’un album, Solo est le point de départ d’un projet gigantesque, né dans la tête de l’hyperactif pianiste berlinois. Un projet qui comporte de nombreuses facettes, se rejoignant toutes pour un seul et unique dessein : promouvoir cet instrument intemporel qu’est le piano.

Enregistré depuis plusieurs mois, Nils Frahm attendait le bon moment pour sortir Solo et déployer l’artillerie lourde. Ce fût chose faite le 29 mars dernier, précisément le 88ème jour de l’année, comme les 88 touches noires et blanches qui constituent l’instrument. Mais Nils Frahm ne s’arrête pas là : désormais tous les 29 mars, sera déclaré le “Piano Day”. Le concept est simple : créer des évènements autour de l’instrument (mini concert, reprise, happening, etc.) et les relayer sur les réseaux sociaux. De nombreux artistes ont été inspirés cette année pour cette première, comme vous pourrez le constater sur ce lien Soundcloud. Voilà qui devrait nous changer des journées de la plomberie, de l’œuf, du coloriage ou encore de la serviette (je tiens à préciser que toutes ces journées existent et que la liste est désespérément longue).

Autre évènement dans l'évènement, Solo a été enregistré sur un piano extraordinaire : un Klavins M370, une bête sonore prototype mesurant pas moins de… 3,70 de hauteur. En exploitant les sonorités grandioses de ce nouveau genre de piano, Nils Frahm voudrait mettre la lumière sur David Klavins, facteur de piano actuellement en passe de réaliser un rêve : la fabrication de son invention, le Klavins M450, lequel devrait mesurer 4,50 m de hauteur au bas mot. Une autre vision du piano en somme et de nouveaux terrains d’exploration sonore pour Nils Frahm. Afin d’aider ce projet fou à aboutir, le pianiste reversera la totalité des recettes de Solo à David Klavins et à la réalisation de son Klavins M450 qui sera si tout va bien, au cœur d’un futur festival porté par Nils Frahm prévu en 2017 à Berlin.

Et le disque dans tout cela me direz-vous ?

Et bien il s’agit d’un album aussi délicat, gracieux et sobre que la pochette du disque. Les huit morceaux qui composent ce nouvel album suspendent le temps, comme ces instants que l’on souhaiterait éternels. En tentant de découvrir les nouvelles sonorités proposées par le Klavins M370, l’auditeur a tendance à se focaliser inévitablement sur le son, détaillant ainsi les contours, les crevasses et les différences de paysages décrites par les compositions. Mais cette attention s’évapore peu à peu car on se laisse happer, comme à chaque fois, par le talent de Nils Frahm, et cela dès les premières notes de Ode, le titre qui ouvre Solo. Le pianiste raconte des histoires sans paroles, des histoires passionnantes d’où l’auditeur revient toujours apaisé et conquis par la grâce du propos. Une seule chose compte à la fin de l’écoute de ce disque : le réécouter à nouveau.

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Pochette Disque Solo

» Tracklisting

  1. Ode
  2. Some
  3. Circling
  4. Merry
  5. Chant
  6. Wall
  7. Immerse!
  8. Four Hands

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