Bosnian Rainbows

Bosnian Rainbows

( Sargent House / Cloud ) - 2013

» Chronique

le 09.09.2013 à 06:00 · par Pablo S.

Depuis le temps que je suis le parcours flamboyant et quelque peu imprévisible d’Omar Rodriguez Lopez, je m’étais habitué à n’être qu’étonné, candide spectateur de nos amis les musiciens indés, les génies malingres un peu fou.

L’animal, je l’ai découvert sur le tard, à la mort de At The Drive-in, avec ce jeu de guitare caractéristique, le mec qui donne l’impression de ne jouer qu’avec des assonances, des presque fausses notes dans la gamme mais qui, au final, à lui seul, justifiait l’écoute de ce groupe indé texan à grosses guitares (les fans d’ATDI me pardonnent).

De la finesse et de la folie dans son jeu, une envie de toujours se risquer dans des territoires progressifs et tombés en désuétude (avec pour fantômes rémanents le rock prog, les accents psychotropiques et le constructivisme sonore de la no-wave des années 70) qui l’ont mené de The Mars Volta à ses expérimentations personnelles, ses différents “orchestres”, avec environ 3 à 4 galettes produites par an et des collaborations artistiques avec des gens aussi enflammés que lui : Lydia Lunch, ancienne prêtresse de l’underground new-yorkais ou John Frusciante, beaucoup plus intéressant en solo que chez les Red Hot Chili Peppers.

Du coup, le voir fusionner The Mars Volta et The Butcherettes, ça faisait comme un frisson dans le dos.

Soit donc, Omar Rodriguez Lopez.

Ajoutez la grâce et le feulement animal de Terri Gender Bender, chanteuse plus connue aux côtés de son groupe, The Butcherettes (de Guadalaraja !), magistrale dans son rôle de Madame Loyale, cascadeuse des cordes vocales entre cri guerrier punk et enjôlement romantique. Sa voix est volontairement mise en avant, elle donne le ton, la note, et surtout la couleur sensuelle car, après tout, ce premier album est réellement romantique.

Nicci Kasper et Deantoni Parks se font plus discrets aux claviers et à la batterie (Deantoni Parks joue la batterie main gauche / pieds et les basses au clavier, main droite, un vrai athlète), un chœur harmonieux fondu et effacé derrière leur rôle premier, jouer.

Du coup je m’attendais à de la fusion mariachi, à du rock latino-bossa, à un ovni de plus au tableau d’honneur des disques les plus branques de la planète... Bien mal m’en a pris de découvrir les premières vidéos sur youtube, les premiers sons volés disponibles sur les réseaux P2P...

En fait pas du tout, Bosnian Rainbows, c’est de la pop, croisée entre les Siouxsie et le rock mid-tempo des années 80 (superbe chanson glam-noisy Torn Maps, Turtle Neck).

On retrouve des expériences, des mélanges d’influences propres à (feu) Mars Volta dans Dig Right in Me, une expérience voix/machines en osmose dans I Cry For You.

Une musique intelligente avec tout ce qu’il faut de l’air du temps pour sonner juste, un contre-pied total à ce qu’ils ont fait respectivement dans leurs propres formations, une échappée poétique dans un univers pop, prog et léger, au sein d’une nouvelle entité, une nouvelle aventure.

Le bandcamp du groupe.

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Pochette Disque Bosnian Rainbows

» Tracklisting

  1. Eli
  2. Worthless
  3. Dig Right In Me
  4. The Eye Fell In Love
  5. Cry For You
  6. Morning Sickness
  7. Torn Maps
  8. Turtle Neck
  9. Always On The Run
  10. Red
  11. Mother, Father, Set Us Free

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