Esben and The Witch

Wash the sins not only the face

( Matador / Cargo ) - 2013

» Chronique

le 26.06.2013 à 06:00 · par Pablo S.

Esben and The Witch, sur son précédent opus, œuvrait dans une veine rock sombre, à la violence mesurée par le chant, et sa musique par ailleurs ne s’empêchait aucunement des penchants gothiques ou new-wave, voire tribaux et industriels, de la poésie scandée sur des rythmes lents et lourds, accompagnée par des percussions naturelles ou synthétiques.

La poésie encore, en l'occurrence des évocations incertaines et des images allégoriques très abstraites, émaillent toutes les chansons : la confrontation permanente de l’individu au monde qui l’entoure, la perte de l’humanité diluée dans les grands nombres, les nombres incertains d’une vie, l’hostilité du monde environnant, l’étrangeté de l’existence, l’émerveillement et la conscience d’un soi mourant à petit feu... La voix angélique de Rachel Davies est pour beaucoup dans la beauté diaphane qui se dégage des chansons du groupe, un alliage serein de mots aux syllabes allongées avec un jeu sur les sonorités mêlées aux motifs liquides en dentelle des guitares et des percussions. Pour peu que vous goûtiez à de la poésie en prose, les lyrics en eux-même valent le détour, dans un anglais académique soutenu, mais empreint d’une réelle élégance.

Ce mélange particulier, qu’on qualifierait de pop macabre au premier degré (faute de mieux) trouve son achèvement sur des morceaux comme Despair ou when that head splits, entre rage et crispation sévère, où la mélancolie et les voix plaintives se mêlent, la musique en miroir, tranchante et brillante à la fois.

Esben and the Witch vaut mieux que l’étiquette “groupe goth” qu’on lui affuble dès la sortie de ses premières incursions sur les scènes anglaises (ils sont originaires de Brighton) en 2010, dans un registre serré, capable de virages à 180° et d’évolutions sans pareilles dans leur musique.

Cet album est une nouvelle orientation pour le groupe, au regard de l’atmosphère gothique et lourde de l’album précédent, et muni d’un batteur, le groupe se lance sur des formats plus conventionnels, mais plus incisifs, plus rock mais réellement sophistiqués. La production de ce son uni, oppressant, montre l’attachement de ces musiciens aux détails, et ce disque saignant transporte sans heurts, loin.

Leur site officiel !

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Pochette Disque Wash the sins not only the face

» Tracklisting

  1. Iceland Spar
  2. Slow Wave
  3. When That Head Splits
  4. Shimmering
  5. Deathwaltz
  6. Yellow Wood
  7. Despair
  8. Putting Down the Prey
  9. The Fall of Glorieta Mountain
  10. Smashed to Pieces in the Still of the Night

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