Dick Diver

Calendar Days

( Chapter Music ) - 2013

» Chronique

le 25.03.2013 à 06:00 · par Eric F.

S'il restait encore quelques doutes sur le sujet, voilà qui clôt le débat: oui, Melbourne est bien l'endroit le plus cool de la planète. Les derniers albums de Nick Cave & The Bad Seeds et The Drones ont confirmé la très bonne santé du rock des Antipodes, plus rugueux et classe que jamais.

On avait senti dès l'inaugural e.p. Arks Up que Dick Diver finirait bien un jour par retrouver son nom au Hall of (indie) Fame de la ville. Si New Start Again n'avait pas le moins déçu du monde, Calendar Days valide toutes les intuitions : Dick Diver est bel et bien un groupe précieux. A des années lumières des velléités des artistes précités (ou encore Beaches), Dick Diver répare ce qui aurait du être une évidence biologique : Pavement était fait pour être australien. Ce n'est pas que le groupe tente particulièrement de marcher sur les plate-bandes de Stephen Malkmus et les siens, mais la légendaire décontraction australienne est une nouvelle fois bien présente tout au long de ces onze titres. Un peu énervants tant ils sont efficaces sans jamais donner l'impression de fournir le moindre effort, les membres de Dick Diver rehaussent glorieusement l'étendard d'une pop australienne trop longtemps resté en berne. Les inévitables comparaisons avec The Go-Betweens ne manqueront pas. Si l'allégeance est assez évidente, il serait terriblement injuste de cantonner Dick Diver à un simple rôle de disciple attentif.

Sans dépareiller avec le reste de la jeune discographie du groupe, Calendar Days n'en propose pas moins de nouvelles pistes pour le futur. Désormais enrichi en harmonica, pedal steel, boite à rythme et... saxophone (sur l'interloquant Blue & That), Dick Diver affirme son efficacité quand il s'agit de faire carillonner ses guitares sur des tempos pop endiablés (Bondi '98, Calendar Days et surtout Alice) ou plus posés (Water Damage). Pas à une contradiction près, le groupe atteint le sommet de ce Calendar Days sur Amber, longue ballade pluvieuse traversée par le soleil. Brillant de minimalisme, le morceau a dû sacrément faire rougir celle qui l'aura inspiré. Jetant ses manières un peu gauches par dessus bord, Dick Diver n'aura jamais si bien porté son nom, tant on s'imagine déguster ces six minutes trente sept sur la plage azuréenne de Tender Is The Night. Porté par la grâce fragile de voix quelques peu chevrotantes qui font un malheur lorsqu'elles s'associent, Calendar Days est le disque d'un groupe qui a indéniablement gagné en maturité, tout en restant capable de nous jouer des tours de garnements (Languages Of Love, Boys).

Si Dick Diver a donc incontestablement grandi, il n'en fait toujours pas moin preuve d'un bel enthousiasme adolescent. A recommander autant aux nostalgiques du label néo-zélandais Flying Nun qu'aux simples afficionados d'indie pop, Calendar Days n'a pas a rougir face à la récente concurrence de ses glorieux ainés.

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Pochette Disque Calendar Days

» Tracklisting

  1. Blue & That
  2. Alice
  3. Calendar Days
  4. Water Damage
  5. Boys
  6. Two Year Lease
  7. Lime Green Shirt
  8. Gap Life
  9. Bondi '98
  10. Amber
  11. Languages Of Love

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