King Tuff

King Tuff

( Sub Pop ) - 2012

On ne reste pas indifférent à King Tuff. Et vous, qu'en pensez-vous ?

» Chronique

le 30.11.2012 à 06:00 · par Sébastien T.

Les adeptes du vieil adage consistant à crier sur tous les toits que le rock’ n’ roll est bel et bien mort et que tout a déjà été dit ou fait, devraient aller se recoucher enveloppés sous les draps de la frustration.Tant qu’il y aura des groupes comme The Men ou J.C. Satàn (chroniqués ici et ) pour entretenir la flamme, cette musique continuera de retentir un peu partout. Ces groupes ont su digérer leurs racines et influences pour mieux nous les retranscrire en proposant une matière sonore actuelle et dont on ne se lassera jamais.

Le génial single Wild Desire de King Tuff (sorti indépendamment de l’album) semble accréditer les propos tenus plus haut. L’envie de se jeter sur le deuxième album éponyme du groupe devient pressante. Mais sera-t-elle convaincante ?

En écoutant Anthem, le morceau qui ouvre le disque, on ne peut s’empêcher d’esquisser un rictus à la vision de la pochette un peu folle de l’album : une chauve souris satanique tenant dans une main une Gibson SG noire et dans l’autre une baguette magique maléfique. Le tout sur fond rose bien entendu. Manifestement un groupe qui ne se prend pas au sérieux et c’est tant mieux. Une fois ces brèves considérations actées, on se rend compte que notre pied bat déjà la rythmique. A l’image de Wild Desire cité plus haut, c’est bien du bon rock patiné de pop qui tourne sur la platine. Caisse claire percutante, riffs et solos de guitare affûtés et bien crunchy, le tout survolé par la voix (trop ?) nasillarde et (trop ?) travaillée de Kyle Thomas, personnage drôle et décalé de la scène alternative/lo-fi/garage/indé américaine qui enchaîne les projets (Winch, Happy Birthday…) et collaborations (Avec J. Mascis de Dinosaur Jr pour ne citer que lui).

Certains courants politiques nauséabonds se décrivent en ce moment comme décomplexés. C’est bien ce qu’on ressent sur Alone & Stoned, le deuxième titre de l’album : un rock décomplexé, comme si Kyle Thomas était là pour se faire plaisir, sans se prendre au sérieux en nous expliquant que la prise de substances en solitaire pouvait parfois avoir du bon. Sur Keep On Movin’, on s’imagine très bien au volant d’une grande voiture américaine sillonnant sans but précis de grandes routes droites, capote et longs cheveux gras fouettés par le vent de la liberté.

On passera son chemin sur Unusual World, ballade aussi ensoleillée qu’anecdotique pour mieux retrouver le rock 70’s de King Tuff sur Bad Thing. Mais malheureusement, l’album va peu à peu commencer à s’essouffler et manquer de cohérence à force de nous promener de références en références. Comme si le "Wayne" de Wayne's World nous faisait découvrir sa collection de disques dans sa chambre d’adolescent. Loser’s Wall, avec ses faux accents de Stones qui auraient trop pris de tranquillisants va commencer à nous perdre un peu. On décroche complètement avec Stupid Superstar et ce n’est pas le très catchy Hit & Run qui suffira à nous retirer l’amertume de la bouche.

Ce disque va certainement diviser mais ne laissera personne indifférent. Pourtant, si cet album était une tonalité de couleur, nous serions plutôt sur une demi teinte pas vraiment franche tirant vers le pâle. Malgré quelques bons titres, un humour potache et un bon état d'esprit, les espoirs fondés sur le single prometteur Wild Desire se sont évanouis pendant l’écoute. L’intention était sûrement excellente au départ mais même avec l’envie de dire du bien de ce disque, on ne peut que se résoudre à l’ennui. Dommage. La prochaine fois peut-être ?...

Wild Desire Alone & Stoned

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Pochette Disque King Tuff

» Tracklisting

  1. Anthem
  2. Alone & Stoned
  3. Keep On Movin'
  4. Unusual World
  5. Bad Thing
  6. Loser's Wall
  7. Stranger
  8. Baby Just Break
  9. Stupid Superstar
  10. Evergreen
  11. Swamp Of Love
  12. Hit & Run

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