Bill Fay

Life Is People

( Dead Oceans ) - 2012

» Chronique

le 20.09.2012 à 06:00 · par Gaël P.

Qui connait le début de carrière de Bill Fay au début des années soixante-dix - avec son disque homonyme inaugural à l'orchestration enivrante, un Time Of The Last Persecution faisant la part belle à un folk-rock spontané, comme le disque "synthétique" enregistré sous la signature de son Bill Fay Group - pourra percevoir une légitime déception à l'écoute de Life Is People, album de résurrection qui fait en quelque sorte office de suite plus "officielle" aux nouvelles compositions de Still Some Light parues discrètement il y a deux ans. La faute à un trop plein de lyrisme (tendant par moments même à la mièvrerie) et à une production bien trop léchée, aspects bien absents des anciens disques : un grand sens de la mesure caractérisant même la musique de Bill Fay à ses débuts. Il n'y a qu'à réécouter son premier album pour s'en rendre compte : les élans triomphants des cuivres et des cordes étaient rompus le plus souvent avant leur pleine ascension. En outre, un penchant pour une trop grande simplicité de ton (Never Ending Happening, Jesus, Etc, The Coast No Man Can tell) initie des passages à vide au cours de l'album. L'art des merveilleux arrangements des débuts qui, dans leur sophistication, embellissaient et complexifiaient son écriture, semble avoir été perdu par le britannique.

Si le leader de Wilco, Jeff Tweedy, a le grand mérite de faire revenir sur le devant de la scène ses aînés (voir particulièrement ses collaborations avec Billy Bragg), ce n'est pas son duo avec Bill Fay sur le très conventionnel This World qui vient sauver la mise à l'album, d'autant plus que le caractère énergique et enthousiaste du morceau tranche trop nettement avec les plaintes intimistes qui l'entourent. La cohésion de l'ensemble en vient là à céder. Restent seulement alors quelques morceaux arborant une construction et une sensibilité non dénuées d'intérêt et qui nous remémorent nos souvenirs plus heureux de Bill Fay : There Is A Valley pour la classe de ses guitares électriques (dont on ne comprend pas qu'elle n'apparaisse pas sur l'ensemble du disque); Thank You Lord pour sa poignante gravité élaborée par les intonations vocales et la discrétion instrumentale (même si la dimension chrétienne des paroles pourra agacer quelque peu) ; Cosmic Concerto qui, malgré sa haute dose en lyrisme, parvient tout de même à rappeler les meilleurs moments discographiques de Spiritualized.

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Pochette Disque Life Is People

» Tracklisting

  1. There Is A Valley
  2. Big Painter
  3. Never Ending Happening
  4. This World
  5. The Healing Day
  6. City Of Dreams
  7. Be At Peace With Yourself
  8. Jesus, Etc
  9. Empires
  10. Thank You Lord
  11. Cosmic Concerto
  12. The Coast No Man Can Tell

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