Water Liars

Phantom Limb

( Misras ) - 2012

» Chronique

le 25.09.2012 à 06:00 · par Eric F.

Water Liars, duo composé de Justin Kinkel-Schuster et Andrew Bryant, est né d'une session d'enregistrement de trois jours dans un trou paumé du Mississippi. Cela aura largement suffit pour donner naissance à Phantom Limb, devenant de facto le premier disque du groupe. Les neufs titres de l'album proviennent tous de ces trois jours d'enregistrement, dont on doute un peu qu'il se soit fait uniquement à l'aide d'un seul micro (selon le site de Misra Records), tant tout semble pensé et capturé à la perfection.

En à peine une demie-heure, Water Liars réussit à convoquer les noms les plus affûtés de l'americana indé (Palace, Sparklehorse, Phosphorescent) sans oublier de faire preuve de caractère. Et aussi d'un peu d'humour, avec l'intro bass-heavy de $100 qui laisse rapidement la place à une rythmique plus joyeuse et directe qui démontre bien l'envie du groupe d'aller où ça lui chante, même si la traversée d'un point A à un point B se fera pendant le morceau lui-même. Mêmes posées, les chansons ne souffrent pas de l'option minimaliste voulue par la configuration du groupe, qui prouve de façon éclatante qu'un duo ne se doit pas de faire dans la surenchère pour compenser. On signalera le remarquable traitement du son sur la guitare de Justin Kinkel-Schuster tant celui-ci parvient à tenir l'ensemble sur des chansons plutôt downtempo (Low & Long, Whoa Back). Celui-ci arrive même à sauver un Dog Eaten un peu faible par des textes qui donnent l'impression d'avoir été écrits il y a cent ans et ne pas avoir pris une ride depuis.

On irait même jusqu'à se dire que le groupe ne pouvait rien rater à l'écoute d'un Low & Long qui aurait dû sonner trop aigu pour être honnête. Visiblement couvé par on ne sait quelle muse protectrice, les deux Water Liars se permettent même de dynamiter un Short Hair en mode boogie près de l'os. Et comme si tout cela ne suffisait pas, Phantom Limb se termine sur un On The Day qui voit Justin Kinkel-Schuster évoquer le jour de sa mort et le débarras que celle-ci causera. Un morceau beau à pleurer et qui signe le moment le plus poignant du disque. Contenus, mais au delà du point de non-retour, le désespoir et la renonciation prennent par les tripes avant qu'une dernière saillie émotionnelle ne laisse la place à trois minutes d'un bruit doux et abstrait, comme pour mieux faciliter ce passage de vie à trépas...

Retour haut de page

Pochette Disque Phantom Limb

» Tracklisting

  1. $100
  2. Dog Eaten
  3. Whoa Back
  4. Rest
  5. C.H.W.
  6. Short Hair
  7. Low & Long
  8. Fresh Hell/It Is Well
  9. On The Day

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.