Gravenhurst

The Ghost In Daylight

( Warp ) - 2012

» Chronique

le 20.05.2012 à 12:00 · par Mathieu M.

Cinq ans après un chef d'oeuvre nommé The Western Lands qui confirma un talent hors du commun, Gravenhurst revient par une porte discrète et dérobée en présentant son nouvel album The Ghost In Daylight. Cette nouvelle pépite est le fruit du travail d'un certain Nick Talbot, compositeur et multi-instrumentiste de la scène de Bristol. Et donne lieu cette fois encore à un grand moment d'intimité face à un disque qui ne peut laisser indifférent. Encore. Eh oui, encore. Gravenhurst est un groupe inclassable dans le paysage du rock, et même s'il est difficile de l'imaginer venant d'ailleurs que d'Angleterre, il suit ses propres codes et son propre rythme et prouve par sa discographie que l'on peut rester simple ET inventif, classique ET original.

Sans doute inspiré par l'imaginaire de cette petite ville canadienne de l'Ontario au nom mystérieux de Gravenhurst, Nick Talbot fait cette fois le choix d'un album feutré d'ambiances vaporeuses dans la lignée de ses premières passions : une voix délicate est magnifiée par une guitare cristalline et s'entoure de textures synthétiques qui dépassent le cadre d'un simple folk. Oubliés les puissants élans noisy et post-rock des albums précédents, Nick Talbot prêche de nouveau cette simplicité et cette honnêteté qui le caractérisent si bien.

Sensation déjà touchée du doigt lors des albums précédents, la musique de Gravenhurst opère une magie palpable, digne d'une ambiance de création du monde. Au fil de l'album, les nuages s'ouvrent, la lumière apparaît, les débris retombent et l'univers se construit en musique. La route est longue et les obstacles nombreux. La tristesse gagne et la nostalgie pointe à l'horizon mais l'espoir et la pureté restent partie intégrante de chaque étape, de chaque chanson. Cette voix délicate apaise, console et guide le spectateur au travers de ces paysages tourmentés mais rassurants et l'amène à contempler le résultat : du simple songwriting épuré aux atmosphères torturées, de l'austérité acoustique à la puissance électrique, de la fin du monde à sa renaissance, Nick Talbot reste un divin créateur.

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Pochette Disque The Ghost In Daylight

» Tracklisting

  1. Circadian
  2. The Prize
  3. Fitzrovia
  4. In Miniature
  5. Carousels
  6. Islands
  7. The Foundry
  8. Peacock
  9. The Ghost Of St Paul
  10. Three Fires

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