Tristeza

Paisajes

( Sanity Muffin ) - 2011

» Chronique

le 20.11.2011 à 00:00 · par Mathieu M.

Il existe nombre de ces petites perles rares qui peuvent passer une vie à nos yeux inaperçues. Noyées dans un torrent perpétuel de noms, d'informations, de choix. Des centaines de bons groupes, des milliers d'albums réussis à l'existence insoupçonnée dont personne ne peut embrasser le nombre ni la variété.

Chez certains passionnés, la boulimie est une réalité, l'exhaustivité et la clairvoyance toujours des illusions. Parfois une pochette attire le regard, parfois le son d'un nom résonne à l'intérieur. Souvent, un succès consensuel guide nos pas et notre curiosité, souvent elle est pur fruit du hasard. Certains rendez-vous sont manqués, comme une rencontre trop attendue ou un moment mal choisi. D'autres arrivent sans crier gare. Heureusement dans ce jeu, la seconde chance est une alliée de choix.

Pourtant perdu dans les bas-fonds d'un sous-dossier de disque dur, Tristeza se révèle -cette nuit 2h49 du matin et c'est beaucoup dire de l'objectivité du chroniqueur- comme un des groupes les plus rafraichissants de ces dernières années. Parmi tant d'autres en effet, god bless. Nous parlons encore de rock, qui plus est instrumental, et avec comme par hasard, une basse, une batterie une guitare. Évidemment plus si affinités.

En 2011 et après 13 ans de persévérance et d'inventivité, ce groupe au nom flou de Tristeza dévoile au monde cet album Paisajes comme une pierre précieuse non encore répertoriée. Le fruit d'un collectif de musiciens tellement occupé à prendre plaisir à jouer en renversant les codes qu'il en oublie d'être célèbre et de traverser l'Atlantique, ou si peu, quelle importance.

Venant de Oakland, Californie, le groupe semble pourtant habiter le monde entier : la section rythmique réside à coup sûr du côté des sons afro-funk du Nigéria. Les nappes des claviers font un détour en Allemagne période Krautrock. Les guitares elles, restent au pays pour une traversée du désert version Spacemen 3, Durutti Column ou Talk Talk des débuts. Restent les cuivres, vibraphones et autres violons qui débarquent à l'improviste, apatrides et donc originaux. Le long de ce voyage musical, Tristeza a collecté d'innombrables influences et a pris quelques rides : celles d'un son vintage et nostalgique, enregistré dans sa totalité en analogique. Au final, ce cristal, cet album Paisajes, bien malin qui saura le dater sans Carbone 14. Sûrement quelque part dans une époque d'une richesse musicale inouïe où un disque aussi rassurant que celui ci a sa place pour ce qu'il nous conforte dans nos diverses origines tout en invitant à les dépasser.

Musicaux, géographiques ET temporels, les voyages comme celui là forment le caractère. La curiosité est souvent récompensée. Mais même la seconde chance peut tourner. Bonne écoute, ici et maintenant, au présent.

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Pochette Disque Paisajes

» Tracklisting

  1. Raise Your Gaze
  2. Missoula
  3. A traves de los ojos de Nuestras Hijas
  4. L'Accident Heureux
  5. Newbury
  6. Dark Peers
  7. When No Men Spoke
  8. Sand & Coral
  9. Cholo

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