The Drift

Blue Hour

( Temporary Residence ) - 2011

» Chronique

le 20.10.2011 à 06:00 · par Mathieu M.

Il n'y a plus de retour en arrière. Plus de références au passé. Plus de ces ambiances feutrées de jazz et mêlées de dub qui rendaient la musique de The Drift si hypnotique et si personnelle, perchée sur son nuage, et quel nuage...

Il n'y a plus de trompette. Jeff Jacobs, le talentueux trompettiste dont les nappes, douces ou colériques, s’entremêlaient à la perfection avec les guitares sibyllines n'est plus. A l'age de 37 ans, il s'est éteint en janvier 2011 des suites d'une maladie. Même à la batterie, il n'y a plus de chabadas endiablés ni de triolets posés en suspension sur une ligne de contrebasse.

Il est facile d'imaginer combien une telle absence doit manquer à une aventure humaine telle que celle de The Drift, groupe discret dont la musique, honnête, précieuse et si sensible, reflète un certain état d'esprit au sein du groupe et une certaine humanité entre ses membres.

Il est moins facile d'imaginer comment et dans quelles conditions cette aventure peut se prolonger après une telle épreuve, qui dépasse le simple cadre d'une musique partagée et d'un projet en commun.

Moins facile également d'écrire sur l'actualité de ce groupe pourtant toujours debout.

Mais un album sort, Blue Hour. Le lien entre le décès d'un des musiciens et la musique produite aujourd'hui dans mon lecteur ne me regarde pas, il leur appartient. La musique parle. Il n'y a qu'à la laisser faire. Se laisser envelopper dans ces nouveaux morceaux, chargés d'émotion et de tension, et constater que The Drift, devenu trio à présent, en a encore beaucoup à dire.

Un nouveau chapitre écrit de manière beaucoup plus radicale, tout comme le laisse penser le morceau d'ouverture, dark passage. Dès cette première impression, dès ce premier morceau, l'écoute est passionnante, mystérieuse même. La vidéo réalisée par Paul Clipson à voir sur leur site internet l'est tout autant.

Puis l'album coule de source, magnifique. L'ensemble basse/batterie devient de plus en plus minimaliste mais à la fois bien plus entraînant et presque mécanique. Aussi cette guitare, si entêtante et inquiétante, se déchaine désormais seule mais avec autant de subtilités qu'en comporte la palette des émotions humaines. Aussitôt, c'est à Shipping News que je pense, et c'est bien le plus beau compliment que je puisse leur faire. Une musique capable d'évoquer en une quarantaine de minutes nombre d'états émotionnels dont est faite une vie. Tristesse, beauté, espoir, force intérieure, euphorie... Chacun des neuf morceaux de l'album résume à lui seul beaucoup de choses sans avoir recours à une seule parole. Les sentiments déclenchés n'en sont que plus intenses.

Toujours sur le fil, d'aucuns trouveront la musique de The Drift plus plombée que jamais. Je la trouve au contraire pleine de vie et empreinte d'une confiance sereine. Elle m'attire comme un aimant.

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Pochette Disque Blue Hour

» Tracklisting

  1. Dark passage
  2. Bardo I
  3. Horizon
  4. This skull hand smiles / may you fare well
  5. Barde II
  6. Continum
  7. Lumineus friend
  8. Hello from everywhere
  9. Fountain

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