Geneva

Sail On Suds

( Trendkill ) - 2010

» Chronique

le 02.04.2010 à 06:00 · par Eric F.

Une guitare visiblement dédiée au bruit, lancée dans une boucle malsaine. Sans prévenir, la voix et la section rythmique débarquent. Geneva démarre son Sail On Suds pied au plancher et nous fait déjà comprendre que ce n'est plus le même groupe que sur son ep d'il y a plus de quatre ans. Le trio de Valence a incontestablement mûri depuis. Geneva a également appris à s'éloigner du courant hardcore qui semblait le guider jusque là...

Formidable machine de guerre (dommage que le son ne restitue pas les violentes performances scéniques), Sail On Suds envoie quatre missiles d'entrée de jeu. Si And Dust Sugar From My Fold nous fera sourire de par son emprunt (revendiqué) au Schizophrenia de Sonic Youth, le reste n'a pas grand chose de jovial, entre une basse aux accords plaqués totalement caverneux (les fans de Mike Watt et Lou Barlow apprécieront) et des guitares qui semblent tout faire pour nous arracher les oreilles. Pas beaucoup de répit, non, les couches bruyantes s'empilent et lancent des attaques frontales. Martiales, les chansons profitent de parties de batterie déchainées qui enfoncent un peu plus le clou à chaque frappe.

Après quatre titres et trente et une minutes, le groupe nous aurait presque déjà poussé à bout, les explorations spatiales du break de Drivin' Across The Sky étant bien vite balayés par un All In All qui fonce droit dans le mur. Mais Geneva décide de changer cap après l'escarpé Echoes Wine avec un On My Own chanté par Renaud Brustlein (H-Burns) qui n'est pas sans rappeler le quart d'heure de gloire de Dont Look Back. Malgré une intro un peu indulgente dans sa longueur, le morceau emporte l'adhésion en ouvrant des portes nouvelles... La deuxième partie du disque s'installe alors dans un climat toujours aussi sombre mais cette fois ci plus pressant qu'agressif, aidé en celà à merveille par Pierre Viguier (Tantrum) et sa voix en hargne contenue (Opposite/Attract 1). Opposite/Attract 2, tout aussi claustrophobe, confirme cette tendance et révèle la belle aptitude du trio à jouer sur les nuances.

Si le final sera en tout point identique aux débuts (un Hope jusqu'au boutiste et en terrain miné), on ne manquera pas de remarquer que Geneva semble se délecter de son paradoxe : trop noisy pour être métal, trop hard pour être indé, le groupe a donc réussi à se forger une identité propre, à cent lieues des excités mais trop scolaires Pelican ou autres Red Sparrows. L'imposant navire Geneva navigue donc en eaux troubles, et tant pis si on sort de l'écoute de ce Sail On Suds totalement lessivé tant il aura rarement été si bon de se sentir secoué par cette houle distordue.

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Pochette Disque Sail On Suds

» Tracklisting

  1. And Dust Sugar From My Fold
  2. Drivin' Across The Sky
  3. All In All
  4. Echoes Wine
  5. On My Own
  6. Opposite/Attract 1
  7. Opposite/Attract 2
  8. Hope

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