Balmorhea

Constellations

( Western Vinyl ) - 2010

» Chronique

le 12.03.2010 à 06:00 · par Dominique K.

Jusqu'à l'année dernière, Balmorhea chevauchait les plaines texanes à deux. Depuis leur dernier album All is Wild All is Silent, notre duo s'est transformé en sextet puis en quintet. La musique très low-fi du duo s'était alors transformé fondamentalement en rodéo sauvage et ouvrait grand les fenêtres à plusieurs influences. Sans renier les spécificités des deux premiers albums, le groupe - toujours emmené par Rob Lowe et Michael Muller - proposait sa propre interprétation des horizons américains, nous donnant une vision quasi idéalisée du rêve américain. Après les espaces et le jeu des frontières, Constellations nous demande de ne plus darder notre regard sur la ligne de l'horizon mais de le lever au ciel. Ce quatrième album est, comme le précédent, ambitieux et même plus.

Mais contrairement au précédent, Constellations demande un temps d'adaptation, comme si le groupe avait voulu ralentir le rythme, après avoir essayé de dompter les contrées sauvages de leur Texas natal. Si le banjo sonne toujours la charge sur Bowsprit, le piano est cette fois-ci la pièce maîtresse du dispositif orchestral et instrumental de ce nouvel album. Le propos est tout de même suffisamment clair pour comprendre, dès la première écoute, que Constellations se conçoit comme un cycle de chansons déstructurés en neuf parties dont le thème principal est notre place dans l'univers. Alternant les morceaux calmes et plus enlevés, Balmorhea embarque l'auditeur dans un jeu des miroirs qui ne jouent pas frontalement avec nos sentiments. Commençant par le doux To The Order of The Night, le groupe nous conduit tout doucement à l'écoute du morceau Bowsprit beaucoup plus rythmé et porté par un diable de banjo, une course des et vers les étoiles qui croisent certaines orbites et demandent donc de ralentir le rythme. Balmorhea dessine, titre après titre, une nouvelle carte du ciel et à notre corps défendant, une nouvelle cosmologie de l'âme. Une âme fortement mise à contribution sur le morceau qui clôt l'album, Palestrina, sur lequel un chœur d'église bataille contre un violon et un violoncelle et s'évanouit aux premiers accords d'une guitare folk. On peut interpréter de mille et une manières le propos de ce titre mais une chose est sûre, il rend hommage au compositeur catholique italien le plus connu de la Renaissance et père de la musique chrétienne. En bien ou en mal ? Nul ne le sait vraiment, tant le morceau brouille les frontières.

Si l'album All is Wild All is Silent était une cavalcade joyeuse et spontanée, Constellations n'en est pas moins son successeur putatif. Mais, le groupe s'est ici véritablement transcendé et s'est affranchi de toutes ses influences, pour proposer sa vision post-rock.

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Pochette Disque Constellations

» Tracklisting

  1. To The Order Of Night
  2. Bowsprit
  3. Winter Circle
  4. Herons
  5. Constellations
  6. Steerage And The Lamp
  7. Night Squall
  8. On The Weight Of Night
  9. Palestrina

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