Xiu Xiu

Dear God, I Hate Myself

( Kill rock stars ) - 2010

» Chronique

le 26.02.2010 à 06:00 · par Vincent B.

Xiu Xiu, pour ceux qui l'ignorent encore, est le plus beau groupe de la décennie passée. Leur dernier album, deux ans après le magnifique Women As Lovers, est arrivé au début d'une nouvelle décennie. Et sonne résolument 2010's. Xiu Xiu, pour éviter de l'ignorer à l'avenir, est bien engagé pour être le plus beau groupe des années entamées.

Feu d'artifice sonore. La musique comme perpétuelle invention. Des gongs asiatiques, des étagères de synthétiseurs, une voix plus plaintive que celle de Morrissey, des paroles qui feraient passer Lautréamont pour un bon vivant sympathique, des compositions sur Nintendo DS qui renferment la candeur de candy et la violence persécutrice des furies romaines. Des orchestres symphoniques retravaillés avec un pro tools des années 90. En 2010, l'utilisation des accidents à des fins artistiques se fait par le bug informatique, plutôt que par des accrocs aqueux. Des vidéoclips où l'un des membres vomit pendant que l'autre danse en mangeant du chocolat. Voilà ce qui nous est offert sur Dear God, I Hate Myself, titre qui constitue un joli pied de nez aux personnes qui critiquent le caractère déprimant de la musique de Xiu Xiu.

The Smiths digérés par une console de jeux, la musique orientale ingérée par la Californie. On va d'extases en extases, comme un gamin découvrant les sophistications de ses nouveaux jouets, en écoutant Dear God I Hate Myself. Pas un titre n'est en deçà des autres. Mélange d'une science parfaite du mixage, d'une soif créative jamais étanchée, d'une amplitude émotionnelle à son zénith. On devient naturellement dithyrambique à chroniquer un album de ce type. On ne peut que vous inviter à l'écouter. Une chronique est un bien maigre descriptif, vis-à-vis des pyrotechnies d'ondes sonres encaissées par nos heureux marteaux, enclumes et étriers.

Tout est beau ici. De la musique en mouvement, 24 images par seconde, dans une traduction sonore. La photo de couverture, la typographie du titre, le cynisme des titres (L'album s'ouvre sur Gray Death et termine par Impossible Feeling). La précision des sons, l'épaisseur et la densité de l'ensemble. Les sifflements des appeaux de chasses et le souffle des instruments à vents, en plastique ou en bois. On peut certes regretter le départ de Caralee MacElroy, remplacée par la nouvelle membre Angela Seo. Unique regret de cet album montagne. John Dieterich de Deerhoof aide encore à la production et participe à certains titres.

Il y a dans Dear God I Hate Myself à la fois une allure de rouleau marin, et la magie miniature contenue dans une goutte d'eau. Une invitation au silence, par la beauté. On se tait alors. On écoute.

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Pochette Disque Dear God, I Hate Myself

» Tracklisting

  1. Gray Death
  2. Chocolate Makes You Happy
  3. Apple For A Brain
  4. House Sparrow
  5. Hyunhye's Theme
  6. Dear God, I Hate Myself
  7. Secret Motel
  8. Falkland Rd.
  9. The Fabrizio Palumbo Retaliation
  10. Cumberland Gap
  11. This Too Shall Pass Away (For Freddy)
  12. Impossible Feeling

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