Dangerbird

Homestead

( RSA ) - 2009

» Chronique

le 08.02.2010 à 06:00 · par Eric F.

Lorsqu'il s'agit de musiques un peu déviantes, mais surtout lourdes et psychédéliques, le blog américain Wine, Women & Song est souvent un formidable passeur, révélant des groupes qui nous seraient sinon restés totalement inconnus. Dans le cas de Dangerbird, il faut dire que la partie était quasi-gagnée d'avance, puisque le nom du groupe nous renvoie directement à un des chefs-d'oeuvre de Neil Young, sur le mythique Zuma.

Il va évidemment sans dire que Dangerbird rappellera forcément les moments de grâce du Crazy Horse. Mais contrairement à Neil Young, le groupe de Louisville compte moins sur des solos épileptiques pour nous faire décoller que sur une impressionante masse de son où les guitares finissent par ne plus faire qu'une, véritable monstre en fusion. La voix, quant à elle, offre des mélodies bien adaptées qui relèguent ses quelques problèmes de justesse aux oubliettes.

Homestead se veut un fidèle document de l'essence même du groupe, puisque le disque a été enregistré live en studio devant un public restreint mais qui n'a pas manqué de finir sur un nuage. Homestead est un disque qui se démarque par son son abrasif et ses compositions jusqu'au-boutistes. Car le but de Dangerbird est d'exploiter au maximum la face monolithique de ses chansons. Pas d'arpèges pour calmer le jeu, pas d'explosions pour enflammer le tout, le groupe préfère suivre une ligne directrice où les progressions, parfois noyées dans la masse, se font paradoxalement en douceur. Ce qui ne sera pas vraiment une surprise pour ceux qui se seront intéressés au Live On WKDU offert par le groupe, où il y réalisait, entre autres, quelques bluffantes relectures acoustiques.

Et mine de rien, certains titres ont ici des allures de classiques en puissance. On pensera à Sad Waters (tout droit échappé du Ragged Glory de Neil Young) et surtout à un No Hope On Hope Street sans concession, dont les "Beetles in the alleyway" ne feront que renforcer le côté improbable de l'ensemble. On s'inclinera également devant l'efficacité du refrain de Snowed In, passé tout en douceur et conviction.

Alors qu'on a encore un peu du mal à se remettre du choc Endless Boogie, Dangerbird nous relance dans un vertigineux grand-huit musical. Fascinant de bout en bout, Dangerbird est le type de groupe qu'on se promet déjà de ne jamais abandonner. La preuve est une nouvelle fois faite que rendre hommage au rock peut être une magnifique opportunité de le faire avancer...

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Pochette Disque Homestead

» Tracklisting

  1. Frank
  2. Alien+Cop
  3. Homestead
  4. Snowed In
  5. Hiram
  6. Sad Waters
  7. No Hope On Hope Street

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