Sarah W. Papsun

Bye Bye Teacher

( Rabeats Cage ) - 2009

Premier EP très prometteur de Sarah W. Papsun

» Chronique

le 05.02.2010 à 06:00 · par Vincent B.

Bye bye Teacher est le premier E.P. de Sarah W. Papsun. D'une apparence très séduisante, sa pochette en carton ornée d'une vieille machine à écrire Underwood, d'un avion prenant son envol, et d'une multitude de "+". Il y a un côté "old school" dans cette pochette, une image très léchée qui nous évoque l'iconographie publicitaire des années 60.

On entre en quelques notes dans ce mini-album. Il faut avoir vu Sarah W. Papsun en concert pour comprendre à quel point le groupe forme un bloc, une unité, une machine. Et quelles que soient les affiliations, les comparaisons dont le groupe a fait l'objet (notamment Foals), Bye Bye Teacher porte très bien son nom. On peut affirmer ici, sans exagération, que l'on préfère Sarah à ses professeurs. Sarah est une femme poly-schizophrène, faite de cinq cerveaux et de dix mains virtuoses. Il y a une sorte de ravissement par la technique chez Papsun. Et les cordes vocales ne sont pas en reste. Évidemment, la technique ne suffit pas et on est ici, fort heureusement, bien loin des groupes risibles de guitar héros, drum héros et autres héros dont le qualificatif n'a aucun sens. Parler de Bye Bye Teacher revient à décrire une virtuose machine post-rock (pour ce qui est de la musique), ornée d'une voix qui a peu de choses à envier à Thom Yorke. On pourrait parler de post-post-rock.

Dans Americana, Don DeLillo décrit le cliquetis d'une machine noire, pour imager la dégradation de son couple. Ce qualificatif correspondrait à merveille à Sarah W. Papsun : l'énergie de la musique, sa construction, est très sexuelle en soi (lente montée orgasmique, retenue, puis explosion libératrice). Et les médiators viennent amortir leurs clics sur les cordes, tels des accrocs sur des nerfs prêts à rompre. Sarah, c'est une expérience live, et ce premier album tente d'en rendre compte. On est, coût de production oblige, en dessous de l'expérience vécue en concert, et on se dit que seul Steve Albini, qui enregistre live, pourrait être à même de rendre cette expérience. L'E.P. n'en reste pas moins un très bel opus, extrêmement bien produit. Mais on aimerait parfois être mécène et offrir au groupe un enregistrement dans l'Electrical Studio de Chicago. La technique musicale, extrêmement pointilleuse chez Sarah, demande une très grande qualité technique pour la production. Ce qui pourrait le plus nuire au groupe serait une récupération Mainstream (et au vu de l'enthousiasme du public, les offres de majors devraient tomber rapidement sur le groupe). Les qualités de Sara W. Papsun sont des qualités rares qui doivent, pour conserver leur pertinence, arriver à rester au plus près de ce son si singulier que le groupe arrive à nous offrir sur scène, de ses morceaux étendus sur la longueur. En somme, on préfèrerait voir le groupe signer sur un beau label post-rock canadien que chez des mercantiles vendeurs de rock anglais. Et on fait confiance aux qualités intègres des musiciens pour arriver à garder le contrôle sur leur propre machine.

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Pochette Disque Bye Bye Teacher

» Tracklisting

  1. Bye Bye Teacher
  2. No Footprints, Please
  3. Our Voices
  4. Not Ginger But Blond Vénitien

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