Scout Niblett

The Calcination of Scout Niblett

( Drag City / Pias ) - 2010

Folk et flammes.

» Chronique

le 01.02.2010 à 06:00 · par Vincent B.

Le nouvel opus de Scout Niblett s'appelle The Calcination of Scout Niblett. Lors de son passage parisien au Scopitone, pendant un interlude, elle expliqua, non sans élégance, les raisons de ce titre : « Cause the fire is burning my ass ». Album très attendu, depuis le très beau This Fool Can Die Now et ses désormais célèbres collaborations avec Bonnie 'Prince' Billy.

C'est par un riff, avec la connotation de rocker que ce terme implique, que l'on rentre dans l'album. Sous forme de slogan, rendu célèbre par des fabricants de chaussures. « Just Do It !». La voix est belle et timbrée comme rarement. On sent une forme de résignation hargneuse. Et de solitude intense.

Sur l'album de sa calcination, Scout est très souvent seule. La guitare domine. La batterie est loin d'être omniprésente. Et se fait parfois attendre. On attend l'explosion de cymbale après une suite d'accords montée en crescendo sur le premier titre. Elle entrera sur le second titre, qui reprend le nom de l'album. Les tensions principales qui permettent de faire vibrer cet album sont celles des cordes vocales de Scout, qui semble avoir élargi son panel vocal. Du quasi chuchotement plaintif aux Yeah Yeah sortis de l'utérus de Cobain. (In Utero, plus exactement). On ne compte pas les yeah, sur cet album, et on songe souvent à Lithium et son mythique refrain.

Formellement, The Calcination Of Scout Niblett opère une sorte de retour aux débuts de Scout , à l'époque de Sweet Heart Fever. Mais la forme est passé par la case « distorsion » d'un ampli de guitare. Comme si Scoutt essayait de se débarrasser de l'image de chanteuse folk qui a pu lui coller à la peau, sous la forme de comparaison avec Chan Marshall.

Au delà de la rage, souvent ironique, que draine cet album, on sent une inquiétude qui flotte au dessus de l'opus. Depuis son titre, sa photo spectrale de couverture, jusqu'au titre des Morceaux. Le plus beau titre de l'album a se titre magnifique: Duc de l'anxiété. Un titre que l'on verrait avec jubilation se faire une place dans un gouvernement. On se rend compte, et l'interview avec l'anglaise le confirme, que Scout n'a plus d'impératifs de ventes depuis qu'elle est chez Drag City. C'est un disque libéré des attentes mercantiles que nous livre Niblett. Comme un renoncement volontaire aux ambitions de hit du précédent opus. Pas de titre calibré pour la radio ici. Ou pour les radio indé de Chicago.

Indépendance affirmée, sous forme d'une épuration, d'un ascétisme même. L'émotion par le dénuement. On entend Scout chanter à côté de nous (merci Steve Albini). Comme si les titres ne devaient être faits que de leur propre squelette. L'émotion dans sa forme la plus réduite, par les cendres. En ceci on peut parler de Calcination.

Retour haut de page

Pochette Disque The Calcination of Scout Niblett

» Tracklisting

  1. Just Do It!
  2. The Calcination of Scout Niblett
  3. I.B.D.
  4. Bargin
  5. Cherry Cheek Bomb
  6. Kings
  7. Lucy Lucifer
  8. Duke of Anxiety
  9. Ripe With Life
  10. Strip Me Pluto
  11. Meet And Greet

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.