Folle Eglise

Anna's present

( Kaugummi ) - 2009

» Chronique

le 18.01.2010 à 06:00 · par Dominique K.

Trop habitués à regarder ce qui se passe dans le monde, nous oublions parfois de voir ce qui se passe sous nos yeux. De même, nous pensons que la folk éthérée est l'apanage de quelques anglo-saxonnes mystiques et frappa-dingues. Le comble de cet exotisme très new weird se situerait quelque part dans le Grand Nord, du côté de la Finlande et plus spécifiquement dans l'écurie du label Fonal Records. La New Weird Scene ne semblait pas avoir encore touché le sol français, mais ceci a changé. En effet, depuis septembre 2009, la Normandie a vu naître un groupe freak folk bien de chez nous : Folle Eglise. Leur premier album, Anna's Present, est sorti sur le label Kaugummi qui accueillera dans les mois prochains le nouvel album de Félicia Atkinson.

Sophie Bernadou et Alice Dourlen, les deux membres du groupe, ont composé un premier LP étrange, plein de soupirs mystérieux et d'images troublantes. Déjà, ne pas intituler les sept morceaux de l'album est suffisamment troublant pour tous ceux qui essaieront de le chroniquer. L'auditeur écoute donc Anna's Present en ayant uniquement la couverture et le titre de l'album comme points de repère. Nous partons donc en aveugle à la découverte d'un disque, avec pour tout guide notre curiosité attisée. La première image qui vient à l'esprit lorsqu'on l'a écouté une première fois est que ces deux demoiselles sont restées bloquer dans une bulle temporelle, celle de l'enfance, la leur particulièrement. C'est ainsi que nous sommes amenés à nous interroger sur ce qui se passe dans la tête de deux petites filles. Apparemment c'est un immense champ de jeu fait de découverte, de joie et de tristesse mais un monde fortement troublé et perverti. C'est un peu comme si le groupe évoquait Alice aux Pays des Merveilles, sans avoir invité ses personnages et son univers. Un univers de petite fille qui, d'un seul coup, peut basculer dans un univers très païen et l'on pense alors à ce film anglais des années 70, The Wicker Man. Étrange en fait que l'on puisse naturellement naviguer dans ces deux univers sans écueils, est-ce l'usage et la combinaison de la distorsion, de l'orgue et des chants éthérés qui procurent cette sensation ? Pourtant, on n'aborde pas ici de plages noires et rien n'évoque le cauchemar. Le deuxième morceau - certainement le plus emblématique - est une carte blanche laissée à l'auditeur, un appel réfléchi à une liberté de ton. Une fois entendue, notre esprit est happé par ces quelques contingences sonores.

Anna's Present serait alors une métaphore sur l'enfance perdue et jouerait avec nos habitudes et nos existences. Chaque morceau, pris séparément, expulsé du silence permanent, ne serait plus qu'un vague écho d'un souvenir en particulier. Étrange et déroutant mais définitivement envoûtant.

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Pochette Disque Anna's present

» Tracklisting

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