Madravelliniha

Uppercuts & Flowers

( Autoproduit ) - 2010

» Chronique

le 13.01.2010 à 06:00 · par Vincent B.

On songe parfois à autre chose qu'à la musique en écoutant un album. Ce jour là il a neigé. Et l'on songeait aux flocons. Le disque de Madravelliniha, Uppercuts and popcorns, comme venu de nulle part, tournait dans le salon. Il s'accordait avec merveille aux gros flocons. Une écoute vaporeuse de ce post-rock biélorusse, sorte d'ovni musical le plus improbable qu'il soit, arrivé dans ma boîte aux lettres je ne sais comment, m'amena à réécouter l'ensemble plus attentivement.

La neige s'est arrêté alors.

Il y a un côté mystique indéniable chez Madravellinha, et leurs influences qui semblent être sur la tangente d'un cercle imaginaire pour qui Nick Cave serait le fils de Dorian Gray, Kurt Cobain et Wittgenstein, n'y changent rien. On a affaire à un groupe nihiliste qui aime Mogwai.

Il s'est arrêté de neiger, et j'ai regardé le nom du morceau, inquiété par le mélange de hurlements et les samples de Jean Sébastien Bach. La chanson s'appelait Family Is Popcorn, et le chanteur assénait, dans un anglais teinté d'accent slave: "More money is zero, more zero is OK". La production est très posée, les prises de son parfaites, les arrangements n'ont aucun sens et le revendiquent, les paroles évoquent William Burroughs détourné par un collégien. Mais l'ensemble arrive à prendre.

Mental Sick And Poor, le troisième morceau, est une répétition de la phrase titre par une multitude d'enfants, pitchés à différentes hauteurs, sur laquelle un crescendo de roulement de batterie s'installe. On songe aux tous premiers albums de Smog, et son Starwars sur Julius Caesar. A ceci prêt que le tout est ici parfaitement enregistré.

Le dernier titre, Rabbit, est aussi le plus court (quatre minutes, là ou les trois précédents dépassent les dix minutes). Il s'agit d'une ballade, en guitare-voix, contant l'amitié entre le narrateur et un lapin qui se jette aux flammes avec une tarte à la carotte. Les voix s'entassent au fur et à mesure, doublées, puis triplées, pour finir en une chorale qui chante, sur une série d'arpèges classique évoquant un Léonard Cohen revenu à ses bases, cette phrase "You should have come to me, I would have open my door wide"

Le disque s'est arrêté. La neige a recommencé.

Je ne crois pas aux OVNI, mais je crois aux UFO.

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Pochette Disque Uppercuts & Flowers

» Tracklisting

  1. Undo
  2. Family is popcorn
  3. Mental sick and poor
  4. Rabbit

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