Fairguson

Tales From The 47 Willows

( Coco Records / Coco Records ) - 2009

» Chronique

le 28.12.2009 à 06:00 · par Vincent B.

Les critiques sont unanimes, se répètent (trop) souvent et parlent d'une même voix. Nouveau Grandaddy, Grandaddy français, des synthés qui rappellent Grandaddy, et une voix qui rappelle (on vous laisse deviner qui...).

Le groupe, qui a pu se sentir flatté, dans un premier temps, d'une telle comparaison, doit désormais frôler l'épuisement à trop l'avoir entendue. On s'interdira donc de formuler la moindre allusion à grand papa dans les lignes qui suivent, et on s'attachera plus aux caractéristiques de ce très bel opus, toutes comparaisons mises à part.

La première chose qui frappe, c'est le tempérament déraciné de la musique, quand on sait qu'elle vient de Paris. Le saule a traversé l'Atlantique, mais on aurait du mal à deviner dans quel sens, tant cette musique semble écrite par des natifs américains exilés en Europe. Peut-être est-ce là le fruit de quatre années d'expérience depuis le premier EP de Fairguson, Tractor Melodies. Il y a chez Fairguson une évidente aisance dans l'écriture des mélodies, une science des arrangements qui arrive à se donner des airs de simplicité et de naturel, et une expressivité non feinte dans la voix, qui font sentir ce sentiment américain, ces espaces heureux dans la mélodie, ou d'americana, selon que vous aimez ou non la lettre A.

La production est très belle, soignée, douce, tout comme l'emballage du disque, cartonné, avec son mat old-fashion et son logo "stéréo" vieille époque. Il y a une dimension dandy (pas daddy, ne vous y méprenez pas), des manières d'esthètes, dans la conception entière de ce projet. On suppose une connaissance sur le bout des doigts de l'indie américaine chez les musiciens du groupe. Un goût pour les belles choses. Fairguson parvient à faire de ce monde musical le sien, intégrant une mouvance qu'il maîtrise parfaitement. Peut-être est-ce là la vraie singularité du groupe : non pas un nouveau ceci ou cela, mais plutôt une sorte de french touch (le côté dandy), qui vient s'apposer sur une série d'influence U.S. En ceci, s'il nous est permis de comparer le groupe, on songera plus facilement à un rapprochement avec Syd Matters, qui avait réussi le même tour de force. Séduire les Français par son côté et sa qualité américaine et tenter de séduire les américains par son côté frenchie.

On pourrait facilement voir se groupe décoller, et entendre en boucle de très beaux titres comme Lost Again ou 47 Willows à la radio. En espérant que les grandes ondes passent le cap de l'indé, et acceptent de diffuser des petits labels sans rechigner. Un bel avenir pourrait alors être offert à Coco records, leurs deux premiers albums nous laissant envisager un futur bien prometteur.

Retour haut de page

Pochette Disque Tales from the 47 willows

» Tracklisting

  1. Lost Again
  2. Rough Intrusive Moving In
  3. Leaving the Captain
  4. 47 Willows
  5. Coconut In Albert's House
  6. Wide Open Spaces
  7. Let It Go
  8. We Never Met Chris Cool
  9. Homecoming
  10. Indigo
  11. Indian Summer

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.