Six Organs of Admittance

Empty The Sun

( Drag City ) - 2009

» Chronique

le 04.12.2009 à 00:00 · par Dominique K.

On l'aura compris, Ben Chasny aura, cette année, mis les bouchées triples. A l'instar d'un Vic Chesnutt avec deux albums au compteur ou d'un Peter Broderick, dont on ne compte plus les sorties cette année, l'homme de Six Organs of Admittance sort son troisième album avec Empty The Sun. Pour être tout à fait exact, il s'agit de la bande originale d'un roman du même nom de Joseph Matson. L'un ne va pas sans l'autre, donc. Mais comme je n'ai pas lu le roman, il va sans dire que ladite chronique sera quelque peu bancale. Mais vaille que vaille, tentons le tout pour le tout et décryptons cette troisième œuvre, au regard des deux premiers.

Lorsque RTZ était paru en début d'année, Ben Chasny nous avait bien tous pris à rebrousse-poil, en sortant un double album abrasif à souhait, fruit de ses travaux avec les irremplaçables Charalambides et le Vibracathedral Orchestra. Jusqu'alors, Ben Chasny nous avait mené en des terres psychédéliques où le mystique se confond parfois avec une quête intérieure. La discographie de Six Organs of Admittance s'apparente de plus en plus à un road trip aux limites de l'explorable, voire de l'inexplorable. En poussant ainsi les limites du champ d'investigation musicale, le guitariste américain dévoile peu à peu son âme, ses questionnements et ses tentatives de réponses. Avec Empty The Sun, il franchit encore une étape. Que la matière première de son inspiration ait été un roman démontre encore la capacité de l'artiste à projeter la musique au-delà des notes. Parce que les mots sont ici le cœur du projet, on doit toujours avoir à l'esprit que ces treize morceaux sont des extraits, des instants pris sur le vif qui illustrent à certains moments la narration. La musique est ici au service de l'écrit et non l'inverse. Les relatives courtes plages sont aussi à replacer dans ce contexte particulier.

Aussi, ces instantanées musicaux sont-ils autant de polaroids d'un instant donné, un temps en suspension où l'écrit et l'écoute se rejoignent dans un imaginaire commun. Et dans cet espace commun, Ben Chasny fait preuve d'épure et de classicisme. Le centre du débat se concentre sur une guitare folk, soit en rupture comme sur le premier morceau Night to Be Alone, soit en nous prenant la main avec le triste et entraînant Two Blades. Et lorsque le ton devient électrique et le field recording fait son apparition (Clean The Wound ou le très beau mais trop court Hacienda), on y devine la tension narrative et les moments clés du roman. Et comme dans toute œuvre protéiforme, une écoute superficielle ne suffira pas à vous faire entrer dans cet album un peu à part. On est à la fois proche et loin de Luminous Night, son précédent album : proche pour le côté lumineux, loin par la soudaineté du propos. Empty The Sun est un album à lire avec un bon casque.

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Pochette Disque Empty The Sun

» Tracklisting

  1. Night To Be Alone
  2. Two Blades
  3. Goodnight Hal
  4. Twenty Paces
  5. Clean The Wound
  6. Lord, I Have Returned
  7. Blackened Road
  8. Hacienda
  9. Goddamn The Sun
  10. Blacker Night
  11. Still A Long Way
  12. Piedras Biancas
  13. Roll The Stone

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