Fiodor Dream Dog

I Lose Things

( Autoproduit ) - 2009

» Chronique

le 30.11.2009 à 06:00 · par Vincent B.

Dans un train, Fiodor rêve d’un chien. Le chien du rêve de Fiodor deviendra un groupe. Fiodor Dream Dog. On pense à Dostoïevski, évidemment.

Évidemment on se trompe.

Fiodor Dream Dog c’est Tatiana Mladenovitch. Sur I lose Things, Tatiana joue de la batterie, de la guitare, chante, joue du trombone, du sh 101 et du kaossillator. Et s’habille en vert et blanc. Un premier album en forme de projet autodidacte. D’une musicienne formée au free jazz et aux musiques improvisées, qui se lance dans un objet solo, pour y fixer ses normes, seule.

Il y a un énorme avantage à savoir jouer de tout comme Fiodor-Tatiana sait le faire. On construit plus facilement un univers cohérent seul qu’en groupe. Absence de compromis, trêve de consensus. Embarqué seul, on choisit ses propres horizons et si l’on s’y engouffre au point de s’y perdre, tant mieux.

I lose things est un album très riche. Un album de musicien. Les arrangements sont savamment pesés, explorent, et nous embarquent dans des endroits où l’on préfère les surprises aux promesses. On attend un refrain , et nous voila embarqué dans des chœurs à plusieurs tonalités nous évoquant plus un chant ethnique qu’un chorus rock. On se dit que l’on se trouve quelque part entre Robert Wyatt et la scène indé de Portland, et on se sent bien dans ces contrées.

On verrait bien Fiodor Dream Dog signer chez Kill RockStars. Aux côtés de Deerhoof et de Thao. La production est tout aussi travaillée que les compositions. On sent ce même refus de l’évidence, ce penchant naturel pour la complexité, dans la prise de son que dans les compositions. Le mixage a été fait par un élève d’Albini, aux mythiques studios de La Frette….

Instrument de prédilection de Tatiana, la batterie oriente les compositions, augmente leur singularité, à l’instar des parties percussives de Ches Smith chez Xiu Xiu. Le timbre de voix, calme, posé, presque blasé dans certaines de ses intonations, unifie cet ensemble. Une trompette amie s’invite, un violon également. On sent un album qui a été pensé et décidé seul, un monde construit que Fiodor nous offre (d’où le titre énigmatique, peut-être). Quelque part entre l’objet d’artiste et le disque rock (Fiodor Dream Dog cite autant Nine Inch Nails que Cindy Sherman ou Sophie Calle dans ses influences). Ce I Lose Things, très beau premier album, sonne comme le début d’un parcours riche et secret dont on attend les prochaines étapes avec impatience.

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Pochette Disque I lose things

» Tracklisting

  1. Reason for a journey
  2. Wicked delight
  3. Mickey Mouse t shirt
  4. Vera
  5. Do you darkness?
  6. Emy
  7. New season
  8. Wait
  9. Leisure
  10. To laugh

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