Be my Weapon

march/2009

( Talitres ) - 2009

» Chronique

le 10.07.2009 à 06:00 · par Marteen B.

La nostalgie, une des épidémies humaines parmi les plus résistantes, amène à l'indulgence, l'émoi, et parfois même l'enthousiasme devant tous ces groupes reformés, croûtés, banqueroutés, et leur cortège d'invitations prestiges dans des festivals qui se frottant à l'Histoire comptent gagner des lettres de noblesse. D'albums dispensables en collaborations prestigieuses, de disques hommages idéalement placés avant Noël en renouveaux (in)attendus, les phénix ont en général une graisse d'albatros.

Avec David Freel, pas de risque. En guise de bide, de rides, march/2009 est un modèle de musique décharnée jusqu'à l'os, tendue, raide et sèche.

On aurait pu croire que Swell avait inventé un son : batterie syncopée, guitare acoustique, déluge saturé, le tout veiné d'une mélancolie et d'une noirceur non dénuée d'ironie. Ce n'était peut-être pas un son en définitive, mais une grammaire. Une combinatoire particulière. David Freel continue à parler en sa langue singulière : le vocabulaire, les lieux, les interlocuteurs changeants. Après le très soliste South of the rain and snow, ce nouvel album, sorti sous le nom de Be my weapon et enregistré avec le batteur Ron Burns, étage les trois niveaux de la phrase David Freel : la batterie insistante, la voix, la guitare en corole, avec un coeur acoustique flatté, surligné, recouvert d'un pétale électrifié. La voix est intemporelle, ni revenue des fantômes, ni repartie : elle est au milieu des lambeaux. Les compositions sont entêtantes, comme un impact de lumière dans l'oeil impressionne la rétine et peine à s'estomper.

march/2009 pourrait être le premier disque, prometteur, annonciateur de la discographie. Aussi addictif que ...Well? ou 41. Il en est déjà le manifeste et un excellent manuel. Rageusement dépouillé. Le genre de disque qui donne l'occasion de tomber physiquement amoureux d'un groupe : frisson épidermique instantané, pavlovien, rythme qui s'impose au corps. Comme on tombe amoureux d'un pays, d'un paysage, d'une langue, d'une culture ou d'une tribu. Alors que, par essence, la nostalgie ne peut pas tomber amoureuse. Enregistrer une origine sous un nouveau nom, rien que de très logique.

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Pochette Disque march/2009

» Tracklisting

  1. Come Livid
  2. I Missed Your Mischief
  3. Bad Bad Bad
  4. All Were After
  5. Are You Sure?
  6. Love Is Just So Overrated
  7. Focus please…
  8. The Exits
  9. Things I Should Not Do
  10. The Last Song

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