Rome Buyce Night

Matricule

( Zéro Egal Petit Intérieur ) - 2009

» Chronique

le 27.05.2009 à 06:00 · par Mathias K.

Rome Buyce Night, groupe qui officie entre Nantes et Paris, est de retour avec un projet ambitieux, un diptyque dont Matriculeest le premier volet. Le but de ce diptyque était d’enregistrer deux albums, l’un inspiré par la scène psychédélique et expérimentale, l’autre, plus direct, par le shoegazing et la noisy pop. Matricule est l’album expérimental et psychédélique du diptyque. Il est fait de longues pièces chargées en guitares saturées, en batteries épileptiques, en réverbérations et delays de toutes sortes. Sur ces longues chevauchées incantatoires se greffent des grésillements, des sons électroniques, des samples : tout un ensemble de sonorités qui viennent grossir les compositions jusqu’à en faire d’épaisses coulées sonores.

Matricule C et Morecadelion donnent le La : des pièces composées à partir d’improvisations, au groove entêtant, répétitives et hypnotiques, où nappes de guitares s’empilent les unes sur les autres (le bassiste Guillaume Collet joue de la guitare sur certains titres : Morecadelion, Uchronie bestiale, Transfert, Analog Park). Chacune de ses compositions prend le temps de monter en tension, de prendre amplitude, altitude et épaisseur. Le son du groupe, nourri de tout ce que la scène psychédélique propose de meilleur, prend aussi des atours plus électroniques ou synthétiques, comme ces boucles et ces samples de voix qui ouvrent Aureliano Buendia. Entre ces longues pièces (généralement six minutes ou plus), des moments de respiration s’intercalent, comme Bruiiiiiiiiiiise, Aah ou Ursula, petites pièces faites de nappes répétitives et électroniques. L’album lui-même suit le chemin d’une boucle, en s’ouvrant sur Matricule C pour se refermer (ou presque) sur Matricule D qui reprend le thème du titre d’ouverture et le fait varier dans de nouvelles directions.

Cà et là, on reconnaît des accents de Sonic Youth (Uchronie bestiale, avec ses phrases de guitare entre riffs et arpèges), ou free (Argofonte) ou post-rock avec Transfert, le morceau de bravoure du disque, onze minutes folles qui s’ouvrent sur un motif de basse entêtant, et qui convoquent pêle-mêle phrases répétitives de guitares, nappes synthétiques, samples et scratches.

Entre psychédélisme halluciné et pièces plus rêveuses ou mélancoliques (Analog Park), Matricule constitue un tour de force puissant et riche.

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Pochette Disque Matricule

» Tracklisting

  1. Matricule C
  2. Morecadelion
  3. Aureliano Buendia
  4. Bruiiiiiiiiiiiiiiiiiise
  5. Uchronie bestiale
  6. Transfert
  7. Argofonte
  8. Analog Park
  9. Ursula
  10. Matricule D
  11. Aah

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