Jim Black AlasNoAxis

Houseplant

( Winter&Winter / Abeille Musique ) - 2009

» Chronique

le 26.06.2009 à 06:00 · par Mathias K.

Etrange de constater comme Jim Black a lissé son écriture et son jeu pour cet Houseplant, album du retour à la tête de son excellente formation, AlasNoAxis. Petit retour en arrière : Jim Black, le batteur un peu fou qui accompagnait Ellery Eskelin d’un jeu complètement désarticulé, ajoutant à sa batterie toute une quincaillerie métallique et rocailleuse : chaînes de vélo, casserole, carillons faits de bric et de broc. On se rappelle aussi le premier album éponyme d’AlasNoAxis : tendu, électrique, métallique, toujours au bord de la rupture. Dans Houseplant, tout est singulièrement plus doux, moins jazz, moins free, et beaucoup plus rock aussi.

L’album se veut serein. Sa formule est d’une simplicité confondante. Quatre musiciens, qui ressemblent plus à un groupe de rock qu’à un quartet de jazz à proprement parler. Chris Speed est au saxophone ténor ; Hilmar Jensson, à la guitare ; Skúli Sverrisson, à la basse et Jim Black, à la batterie et au laptop. Dans de rares moments, le groupe construit collectivement une petite miniature de forme libre, invertébrée, presque ambient : Fyr, par exemple, une respiration sur ce disque dense. Sur presque tous les titres, une voix thématique nettement lisible est prise en charge par le saxophone ténor, tandis que les autres instruments accompagnent. Les thèmes, bien que souvent longs, sont d’une transparence exemplaire, au point qu’on pourrait les retranscrire d’oreille sur la partition sans trop de difficultés. Ce choix de la clarté et de la transparence se reverse naturellement dans un lyrisme qu’on n’avait pas encore entendu chez cette formation. Des titres comme Inkonios ou Naluch tendent leurs mélodies élégiaques dans un surcroît émotionnel pour le moins rare chez une formation habituée au free et à la dissonance. Choix surprenant, manifestement assumé et qu’on n’aurait bien tort de taxer de rétrograde (ce que vont s’empresser de faire tous les ayatollahs du free). Au contraire, faire travailler le rock dans ces douze compositions de manière aussi directe, aussi frontale, fait de Houseplant une belle réussite, pas loin du tout du premier Gateway qui réunissait John Abercrombie, Jack DeJohnette et Dave Holland, et qui reste, dans le genre, une référence indépassable.

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Pochette Disque Houseplant

» Tracklisting

  1. Inkionos
  2. Cahme
  3. Houseplant
  4. Fyr
  5. Malomice
  6. Littel
  7. Elight
  8. Naluch
  9. Cadmium Waits
  10. Adbear
  11. Lowers in a Nine Sense
  12. Downstrum

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