Bill van Cutten

Depraved milk

( Autoproduit ) - 2009

» Chronique

le 03.04.2009 à 06:00 · par Marteen B.

Depraved milk pose une ambiance spectrale assez brute, un genre de ghost rock en chambre grande ouverte (on entend tonner l'orage sur Hate) : maison éventrée, vidée, où les voix résonnent et les instruments ont de l'espace. Les tonalités sont lourdes, les guitares brouillées, les arrangements simples sont répétitifs et légèrement hypnotiques, ou hantés. Rien de morbide pourtant, parce que le tout est très sec, dénué de pathos et de folklore. Rien de poisseux, rien de pesant, simplement ce genre d'ambiance herbes folles, murs nus aux affiches lacérées, fumées traversantes, et la voix qui, du fait de la prise de son, donne un effet de proximité très grande à l'auditeur.

Bill van Cutten s'appuie sur un timbre de voix grave, retenu et posé, qui éveille le souvenir déjà un peu lointain d'un Jay Mascis apaisé. Il y a dans cette voix une indéniable dimension slacker, un air de faux fainéant. Ledit timbre est souvent souligné par un écho féminin, aigu et plus alangui (quasi morphinique sur White plastic horses), qui creuse derrière cette voix très proche des effets de profondeur, d'autant que la choriste varie d'un titre à l'autre.

Les arrangements s'appuient sur des détails simples qui acquièrent une grande présence sous la houlette de Phil Mother : passage insensible de la guitare acoustique à une légère électrification crépitante, voix téléphoniques sur It could have been something, saxophone sur Come, holy Mary, décalage des voix très souvent, scansion de batterie, sonorités bruitistes et parasites. Lcd. lighted est un des rares morceaux à fournir une accélération ou un énervement.

Les morceaux sont comme des miroirs posés en quinconce : une chanson en reflète ou en accueille une autre, une sonorité entendue revient là, et Depraved Milk confirme son statut de ghost rock dans cette dimension de maison hantée où les figures reviennent : un labyrinthe, ralenti et hypnotique.

Créateur de la pochette du disque, Bill van Cutten est aussi plasticien et, en concert, se fond dans le groupe Radio disorder.

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Pochette Disque Depraved milk

» Tracklisting

  1. Twenty second century
  2. Electronic feelings
  3. It could have been something
  4. White plastic (first take)
  5. White plastic horses
  6. Mascara - why does?
  7. Depraved milk
  8. Crocodile crown
  9. Come, holy Mary
  10. LCD lighted
  11. Tangerine flowers
  12. Hate
  13. Taste
  14. Statement of lie

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