Loney, Dear

Dear John

( Polyvinyl / EMI ) - 2009

» Chronique

le 06.03.2009 à 06:00 · par Dominique K.

Il y a d'abord ce livret promotionnel vantant, en long et en large, le nouvel opus du suédois. Le journaliste fainéant reprendrait ces quelques lignes pour écrire sa pseudo critique. Plus important, il y a avant toute chose l'oeuvre de Loney, Dear qui, de label en label, aborde depuis quelques années les rivages de la pop et ce par le versant nord. Peut-être, un jour, à l'instar de la "British Invasion" des années 60, nous parlerons de "Swedish Invasion" des années 2000 tant celle-ci nous amène chaque année son lot d'artistes et de disques : Jens Lekman, The Knife, Jose Gonzales, Peter Bjorn and John, I'm From Barcelona, etc. Certes, vous me direz, ça nous change d'Abba ou de Roxette, mais au contraire de leurs illustres ainés, nos suédois ne font que parfaire leurs influences pop, sans réinventer l'eau chaude. Non, ces artistes suédois marquent ce territoire d'une autre empreinte, un songwriting très créatif et surtout joyeux, dépassant de loin certains artistes estampillés groupes de l'année par le NME.

Loney, Dear est un artiste plutôt en retrait de cette agitation. Il compose au calme, chez lui ou dans la maison de ses parents. Emil Svanängen est un perfectionniste, un savant fou capable de tout jeter par la fenêtre pour tout recommencer. Il aura mis trois ans à composer son nouvel album, ce Dear John qui renvoie les compositions de ses compatriotes, à l'âge des cavernes. La différence ? Loney, Dear ose se confronter aux plus grands et n'hésite pas à endosser leurs habits, même s'ils semblent trop grands, à première vue, pour lui. Là où l'habile artisan retaillerait à sa mesure l'habit en question, Loney, Dear apporte sa touche personnelle. Et l'improbable se produit alors. Du délicat harmonica sur Summers aux arrangements somptueux de I Was Only Going Out, on passe sans réfléchir par ce long tunnel technoïde qui ponctue la fin d'Under A Silent Sea jusqu'au point d'orgue Distant, on touche la perfection pop...

Et de réécoute en réécoute, un sentiment presque incrédule apparaît : et si, nous avions enfin le disque qui peut rivaliser avec certaines des grandes oeuvres des années 60 ? J'en pense à un en particulier, saurez-vous deviner ?

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Pochette Disque Dear John

» Tracklisting

  1. Airport Surroundings
  2. Everythong Turns To You
  3. I Was Only Going Out
  4. Hash Words
  5. Under A Silent Sea
  6. I Got Lost
  7. Summers
  8. Distant
  9. Harm/Slow
  10. Violent
  11. Dear John

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