Grails

The Burden of Hope

( Neurot / Caroline ) - 2003

» Chronique

le 22.12.2003 à 18:00 · par Antoine D.

The burden of hope, ou l'histoire d'un nouveau départ : préalablement connu sous le nom de Lauren Canyon (avec deux EPs éponymes à leur actif), cette formation originaire de Portland se prénomme désormais Grails. Parallèlement Emil Amos (le batteur) avait officié au sein de Holy sons, un groupe où l'on croisait notamment certains membres de Jackie-O Motherfucker, que le violoniste Timothy Horner avait aussi cotoyé par le passé. Mais s'il fallait comparer Grails à un groupe, nul doute qu'il s'agirait de Dirty Three : certes le line-up est ici plus imposant (au tercet violon/guitare/batterie, Grails ajoute piano, Fender Rhodes, basse et saxophone, et notons que la guitare est ici plus massive que chez le trio australien), mais derrière le jeu du violon d'Horner et la puissance affichée de la batterie d'Amos, les spectres de Warren Ellis et Jim White hantent l'esprit des compositions. Grails oscille sur des phases quelque peu bruitistes emmenées par les grincements des cordes torturées, comme pour mieux se libérer d'une tension palpable et ainsi appréhender des passages plus mélodiques, durant lesquels la batterie manifeste régulièrement son caractère détonnant (sur The deed, par exemple). The burden of hope est par ailleurs un lieu de rencontre entre un piano galopant à la Philip Glass et la rondeur savoureuse des basses (sur In the beginning), mais aussi de l'invocation par un saxophone discret de décollages fulgurants (Space prophet dogon, reprise des Sun City Girls). Le temps de deux morceaux (The march, Broken ballad), Grails glisse vers une atmosphère plus mélancolique pour quelques minutes, qui, il est vrai, coïncident beaucoup (trop ?) avec l'esthétique de Dirty Three : hormis ce passage, le groupe réussit à ne pas se confiner dans un style trop proche de leurs influences du registre classique, où encore des compositions ambiantes de JOMF. Un sentiment de redondance qui sait cependant se faire oublier sur White flag et son final, somptueux, fulgurant, emprunt d'accélérations et de ruptures de rythme. The burden of hope convainc aisément, et révèle Grails comme une des très bonnes surprises de l'automne 2003.

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The burden of hope

» Tracklisting

  1. Burden of Hope
  2. Lord I Hate Your Day
  3. The Deed
  4. In The Beginning
  5. Invocation
  6. Space Prophet Dogon
  7. The March
  8. Broken Ballad
  9. White Flag
  10. Canyon Hymn

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