Valet

Naked acid

( Kranky ) - 2008

» Chronique

le 15.12.2008 à 06:00 · par Marteen B.

La galaxie Jackie-O Motherfucker hybride par de nombreux bourgeons, chaque musicien participant à divers projets où l'on recroise toujours du beau monde. Honey Owens, guitariste et chanteuse, publie sous le nom de Valet son second disque en deux ans.

Blood is clean, premier album, était un disque assez raide, porté vers le bruit. Aux choix radicaux. Et pour ses parties chantées, chanté avec une grande économie d'effets. Un excellent disque au demeurant.

Naked Acid est plus exubérant, plus accrocheur, parfois presque veiné de pop en sa part psychédélique, et du même coup, très accessible. L'album est construit sur une alternance de chansons et de morceaux plus expérimentaux et ambient.

À l'instar du magnifique Kehaar, les chansons émeuvent, intriguent, et emportent pour leur construction échevelée.

Le son est une moire de guitare saturée et réverbérée, qui construit des nappes fluant et refluant, tandis que des arpèges scintillent à la surface de cette matière épaisse. Une guitare solo vient forer la matière et exploser en gerbes. L'image, assez convenue, d'une tempête solaire à la surface de l'astre, avec son jeu de lave et d'explosions, rend assez bien la luminosité, la liberté, les mouvements de fond, les intensités de cette écriture.

Des ondes de matériaux électroniques roulent, ondulent, assurant de subtiles transitions vers des plages expérimentales, pour le coup très bruitistes, grouillant de sons industriels. Déferlements agressifs de matière brute. Sur Drum movie, on entendra parmi les plages quelques instants qui font irrésistiblement penser au Loveless de My Bloody Valentine. Sur ces plages instrumentales, suspendues, psychédéliques voire psychiques, la construction suit les méandres d'un rêve. Rêve planant, sauvage, abrasif. Lyrisme sous sédatif. Musique de drogué, quand après l'acmé s'amorce la longue descente et ses boucles, virages, zigzags cotonneux.

La voix douce d'Honey Owens, quand elle revient, presque suave si ne s'y glissait une nuance maladive, est doublée par une voix masculine et grave. Elle est l'anesthésique de cette matière bouillante, son infirmière et sa sorcière.

Retour haut de page

Pochette Disque Naked acid

» Tracklisting

  1. We Went There
  2. Drum Movie
  3. Kehaar
  4. Fuck It
  5. Babylon 4 Eva
  6. Fire
  7. Streets

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.