William Parker

Double Sunrise Over Neptune

( AUM Fidelity / Orkhestra ) - 2008

» Chronique

le 21.11.2008 à 06:00 · par Mathias K.

Cela se passait au douzième Vision Festival de New York, cela se passait le 19 juin 2007. C’était le troisième volet de la collaboration entre le label AUM Fidelity et l’association Arts For Art. C’est aussi une pièce orchestrale qui s’ajoute à deux autres, d’importance elles aussi : l’Akhenaten Suite de Roy Campbell, et 17 Musicians In Search Of A Sound : Darfur, de Bill Dixon. De quoi s’agit-il ? De Double Sunrise Over Neptune, compositions en quatre parties, emmenée par un William Parker en forme à la tête de seize instrumentistes, et composition qui a quelque chose de solennel en même temps que d’ouvert, les musiciens se souciant moins de conclure que d’ouvrir des perspectives : musicales, d’avenir, et d’espoir si l’on en croit Parker.

William Parker, musicien mais aussi poète, conçoit son art comme une pratique spirituelle. Les poèmes qui émaillent parfois ses compositions en témoignent. Ici, il s’attelle à la recherche d’une communion dans la musique, laquelle devra nous mener à la paix. « Ne tuez pas un autre être humain car vous ne pourrez pas le ramener à la vie. Un jour viendra où un double lever de soleil apparaîtra dans le ciel. On a jusqu’à ce jour pour ne faire qu’un avec la musique », dit-il pour expliquer le projet. Paroles sibyllines, certes, mais qui situent l’esprit dans lequel est exécuté cette longue suite pour orchestre. Un apisement de tous les instants, qui vaut par sa portée spirituelle, et, pourquoi pas, sa capacité à retrouver au coeur du jeu collectif une sorte d'intuition cosmique.

Une grande variété d’instruments et de traditions culturelles est convoquée ici : sonorités jazz, mais aussi orientales et africaines. Cuivres, vents, cordes, et instruments traditionnels du continent africain. Lewis Barnes à la trompette, Rob Brown, Sabir Mateen et Dave Sewelson aux saxophones, Joe Morris pour la guitare, tandis que Gerald Cleaver et Hamid Drake se chargent des percussions. William Parker tient le doso n’gosi, et c’est Shayna Dulberger qui se charge de la contrebasse. Une chanteuse indienne, Sangeeta Bandyopadhyay, accompagne l’ensemble de manière discrète. Le tout ne dispense pas d’effet de bric à brac mais trouve son unité à la faveur de mouvements répétitifs, les diverses familles d’instruments évoluant les unes autour des autres par cercles concentriques, interagissant ensemble pour la menée des compositions.

Les structures hypnotiques prévalent ici, dès l’ouverture, avec Modern Mantra, qui se prolonge dans Lights of Lake George, véritable morceau de bravoure de ce disque, longue pièce lyrique de presque une demi-heure, appuyée sur un socle d’instruments à vents, et une ligne de basse modale que Brahim Frigbane saupoudre de son oud. La fin n’est pas en reste en matière d’hypnotisme, avec Neptune’s Mirror, qui laisse Joe Morris mener l’ensemble à l’aide de quelques accords de guitares joués piano, en arabesques savantes. Ici manifestement William Parker a profité de cette précieuse équipe réunie pour chercher l’ampleur, un lyrisme grave mais sans boursouflure, tant le jeu collectif le tient en sourdine, au profit d’une solennité discrète. Autant de qualités qui forcent l’admiration, et qui ajoutent une pièce de choix supplémentaire à une discographie elle-même hautement valable.

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Pochette Disque Double Sunrise Over Neptune

» Tracklisting

  1. Modern Mantra
  2. Lights of Lake George
  3. O'Neal's Bridge
  4. Neptune's Mirror

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