A Lily

I Dress My Ankles With God's Sweetest Words

( Dynamophone ) - 2008

» Chronique

le 17.11.2008 à 06:00 · par Janf R.

Il y avait eu un avis de passage du facteur : "boite trop petite". La commande passée au mailorder n'avait pu franchir l'ultime étape. L'ouverture de la boite aux lettres. Trop petite. Car l'objet est trop volumineux. Car la commande est un objet. Plus qu'un disque compact. Plus qu'un disque conditionné en boîtier cristal standard. Bien plus, évidemment, que ce que serait cet objet, dématérialisé sous la forme d'un enchaînement d'octets respectant la norme MPEG Audio Layer 3. Cet objet est un exemplaire du I Dress My Ankles With God's Sweetest Words de A Lily. Il appartient à la très limitée série Parcel de Dynamophone Records. Il en est la sixième référence.

Les références Parcel sont des objets. Des objets d'images et de carton. Et même parfois de métal. Des objets qui se regardent et se touchent. Se reniflent, même. Juste pour vérifier si ce papier, si cette encre n'aurait pas une odeur. Les références Parcel sont des boites couvertes et remplies de photographies. Aux tons pastels, chauds ou sépia. A la faible profondeur de champ ou vignettées. Pour une vision rapprochée. Concentrée. Intime. Des objets au cœur desquels se nichent des CDR de 3 pouces. Des objets magnifiques. Tellement couvés du regard que l'oreille est, quoiqu'il arrive, ouverte, attentive et attentionnée. Sensibilisée.

La partie musicale de I Dress My Ankles With God's Sweetest Words est un EP de trois titres. Par avance et presque honteusement, on devine qu'on devrait l'aimer.

Le premier de ces trois titres marque une nouvelle voie. Une ouverture dans la discographie naissante de James Vella, par ailleurs guitariste du discret et post-rock Yndi Halda et ici seul maître à bord du projet A Lily. Un projet qui l'a déjà vu, lors de son premier album Wake:Sleep, aborder des sonorités électroniques et ambient, et qui lui permet, à travers ce A Town Like Hurricane, de s'ouvrir à une merveille de sobriété et de classicisme folk-rock qui ne dépareillerait pas un Six Organs Of Admittance ou un Tanakh.

Le deuxième titre, A Song For Ron Mental And Sidney Bishop, permet à notre homme de redonner des couleurs plus électroniques à un folk qui se rapproche alors de Tunng, Mice Parade ou Notwist.

Le troisième et dernier titre, Hunter And Sky, est une illustration de cet ambient à la mélancolie très britannique, déjà illustrée par Wake:Sleep et que distillent par ailleurs et magnifiquement Epic45 et July Skies.

Silence. Immobilisation du petit disque. Éjection. Rangement sous le léger voile de tissu protecteur. Fermeture de la boite. Léger crissement des parois de carton. Il ne s'est écoulé qu'un quart d'heure. Le bel objet n'avait qu'une valeur musicale putative. Celle-ci a pris corps. I Dress My Ankles With God's Sweetest Words, sixième référence de la série Parcel de Dynamophone Records, est un très bel EP.

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Pochette Disque I Dress My Ankles With God's Sweetest Words

» Tracklisting

  1. A Town Like Hurricane
  2. A Song For Ron Mental And Sydney Bishop
  3. Hunter And Sky

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