Calexico

Carried To Dust

( City Slang ) - 2008

» Chronique

le 13.10.2008 à 06:00 · par Eric F.

Autant l'avouer directement, la première mouture de cette chronique n'était pas forcément tendre avec Carried To Dust : celui-ci n'aura en effet pas vraiment convaincu dans un premier temps, Joey Burns et les siens semblant avoir eu du mal à trouver une direction à prendre, après un Garden Ruin qu'on aura eu le temps de revoir à la hausse.

Joey Burns décrit Carried To Dust comme un "disque pour la route" en totale opposition aux ambitions politiques du précédent disque, concrétisées avec brio, faut-il le rappeler, le temps d'un magistral All Systems Red. On tourne donc à gauche, direction le désert de The Black Light ? C'est bien ce que laissait sous-entendre le précédent tour album du groupe, l'excellent Tool Box. Mais le groupe de Tucson n'est pas un fervent partisan de la facilité (ça se saurait depuis le temps). Résultat, on retrouve ce Carried To Dust, posé là, le cul entre deux chaises. Peut-être est-il plus facile de l'apprécier au volant d'une vieille Cadillac sur les routes sommaires de l'Arizona...

Certaines questions restent encore sans réponses : où sont passées les chouettes guitares électriques de Garden Ruin ? N'en ont-ils pas marre de jouer les apprentis mariachis (Inspiracion, déjà entendu, et en mieux) ? Pourquoi une relecture de l'immense Trigger, dans une version plaisante mais néanmoins dispensable ? Et par dessus tout, pourquoi autant de titres downtempo donnant au disque la fâcheuse impression de ne jamais vraiment démarrer ?

Cependant, passé plusieurs écoutes, on retrouve bel et bien tout le talent d'écriture de Joey Burns ainsi que ses progrès constants sur les parties vocales, sans oublier la formidable assise rythmique de John Convertino. Trois éléments majeurs responsables du succès du groupe. Certains titres sont d'ailleurs très bons (Slowness, Two Silver Trees, Man Made Lake), et ceux qui donnaient l'impression de porter un peu trop haut leur conviction "middle of the road" finissent par (timidement) s'imposer.

Le gang de Tucson aura donc évité la facilité, mais les risques qu'il a pris semblent plutôt calculés, sans grand esprit d'aventure. Un comble pour ce groupe si avide de grands espaces ! Si Carried To Dust n'est pas à proprement parler un disque loupé, ses orientations pour le moins calmes en faisaient une déception, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'à l'instar de Garden Ruin, celui-ci carbure au diesel. Attention à la panne sèche tout de même.

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Pochette Disque Carried To Dust

» Tracklisting

  1. Victor Jara's Hands
  2. Two Silver Trees
  3. The News About William
  4. Sarabande In Pencil Form
  5. Writer's Minor Holiday
  6. Man Made Lake
  7. Inspiracion
  8. House Of Valparaiso
  9. Slowness
  10. Bend To The Road
  11. El Gatillo (Trigger Revisited)
  12. Fractured Air
  13. Falling From Sleeves
  14. Red Blooms
  15. Contention City

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