The Drones

Havilah

( ATP ) - 2008

» Chronique

le 31.10.2008 à 06:00 · par Eric F.

Havilah a beau ne pas avoir grand-chose à voir avec Gala Mill, l'album précédent des Drones, il n'en démontre pas moins la constante habilité du groupe à distiller sa rage et son énergie au compte-goutte. Attention à ne pas se fier pour autant à ce faux calme : Havilah suinte à plein nez la haine envers l'espèce humaine. L'impitoyable single, The Minotaur, dénonce les leaders mondiaux hésitant entre sauver la planète et une nouvelle partie de jeux vidéos. Sur un final survolté, Mike Noga et sa batterie mettent même la pâté aux deux guitares. En voilà un qui n'a pas dû rester longtemps avec sa manette de Xbox dans les mains !

Le registre récurrent de l'interracialité (déjà présent dans Locust ou encore Jezebel) est cette fois ci évoqué par Gareth Liddiard avec le culte du Supercargo, vieille légende du Vanuatu où les locaux prirent la venue de colons blancs comme celle d'une divinité locale. Comme bien souvent (aussi bien en vrai que dans les morceaux des Drones), le résultat finit mal et dans une effusion de sang. Raison idéale pour se lancer dans des duels guitaristiques bruitistes de haute volée entre Liddiard et le nouveau venu Dan Luscombe, à l'aise comme s'il était là depuis des siècles.

Peut-être est-ce la réussite que constituait Sixteen Straws, peut-être est-ce la répétition des concerts en solo pour Gareth Liddiard, toujours est-il que les guitares acoustiques ont enfin réussi à se faire une place sur disque. Pas question pour autant de relâcher la tension comme avec le claustrophobe Careful As You Go ou l'ode au divorce qu'est The Drifting Housewife (quand on vous disait que ce disque ne tient pas l'espèce humaine en estime). D'ailleurs, si Penumbra est aussi paisible, c'est sûrement parce que ce morceau évoque une lune qui n'a pas encore été colonisée par l'homme ! D'où une certaine notion de relativité dans la conception du progrès...

Un progrès qui sera dur à évaluer quant au groupe, tant l'ensemble de sa discographie semble pour le moment marqué d'un sans faute incontestable. Outre The Minotaur, on retiendra d'ailleurs Oh My et ses accords mineurs appuyés, qui fait office de morceau le plus pop jamais écrit par le groupe, ainsi que l'immense Luck In Odd Numbers dont l'imprévisibilité convainc plus que l'autre morceau épique du disque, Nail It Down, pourtant loin d'être raté et joli pied de nez des Drones qui déclarent qu'à l'époque de l'Ipod, plus personne ne fait attention aux albums dans leur ensemble et qu'ils ont donc tout mis en un titre.

On en viendrait presque à souhaiter que notre société contemporaine continue à dérailler, histoire que The Drones trouvent encore matière à sortir des albums de cet acabit !

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Pochette Disque Havilah

» Tracklisting

  1. Nail It Down
  2. The Minotaur
  3. The Drifting Housewife
  4. I Am The Supercargo
  5. Careful As You Go
  6. Oh My
  7. Cold And Sober
  8. Luck In Odd Numbers
  9. Penumbra
  10. Your Acting's Like The End Of The World

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