Babe, Terror

Babe, Terror

( Autoproduit ) - 2008

» Chronique

le 01.10.2008 à 06:00 · par Marteen B.

Sans être absolument incontournable, ce Ep est une piquante curiosité. Pour l'anecdote, le groupe (un seul membre certes) est Brésilien. Ce qui pourrait ne compter à peu près pour rien, tant l'internationalisation des arts est aboutie, se manifeste pourtant sur deux points. D'abord parce que le dénommé Claudio chante en portugais (brésilien), et que les occasions d'écouter des expérimentations rock dans cette langue ne sont pas légion, même en peer to peer. Ensuite, parce que la musique brésilienne accorde une prééminence à la section rythmique et aux voix, qui sont bien les assises de la musique de Babe, Terror.

Winnie peg from winipooh ouvre sur un curieux mélange de simili criquets et souvenir de scie circulaire, avant qu'un choeur de voix masculine, profond, accompagné de sifflement de vent, ne porte la voix de tête de Claudio. De lourdes frappes ponctuent à intervalles clairsemés le morceau, qui en seconde partie est attaqué, sinon submergé, par d'abruptes et incontrôlables explosions métalliques.

My olympic films 1980 est construit sur un genre de haché d'électronique métallique qui vient frotter à l'arrière-plan, comme une aiguille tombée du sillon, en guise de structuration rythmique évoluant doucement. Un sample de voix plaintive passe là-dessus, avec des marmonnements de choeur. Après 8 minutes de complainte, Claudio entreprend de chanter pour de bon, d'une voix de tête et d'ange pied nus, les lèvres tout au bord d'un vieux micro cradingue, une cantilène que l'on imagine naïve et tendre. Elle ne durera que quelques instants.

Mount Dorothy enchaîne serré avec des échos enfantins, puis éthérés, tournant en boucle là encore, mais toujours brutalisés par une prise de son à la maison et dans la rue. On entend cliqueter des chaînes, fouetter des plaques métalliques, cogner des clés à molette.

Soit une curieuse tentative de déconstruire la bossa en atelier, d'ouvrir le capot, et de lui plugger l'électronique au chalumeau.

Nasa, goodbye se rapproche davantage d'un standard moderne. Une chorale de Björk ou d'Antony enregistrée par l'amicale des ouvriers tourneurs-fraiseurs de Sao Paulo. Pas nécessairement de grands techniciens, mais pour du quasi a cappella, assez troublant.

Os santos retrouve les effets sataniques des bandes passées à l'envers, avec accompagnement de choeurs masculins à voix grave, avant de virer comptine.

Babe, Terror évoque d'ailleurs beaucoup les expérimentations et premiers enregistrements collectifs semi improvisés sur bande magnétique. Mais en version habitée, voire hantée, émouvante, et ne s'interdisant pas une légère touche sexy.

Vraiment bien en Ep, difficile de savoir si l'on tiendrait tout un album avec cette stricte formule.

Proposé en téléchargement gratuit sur le site Internet Archive, le disque est à essayer en cliquant ici. Il est aussi mis en vente à 300 exemplaires collector numérotés.

Retour haut de page

Pochette Disque Babe, Terror

» Tracklisting

  1. Winnie Peg From Winipooh
  2. My Olympic Films 1980
  3. Mount Dorothy
  4. Nasa, Goodbye
  5. Os Santos

» Accès Archives

Copyright © 2004-2013 Millefeuille, toute copie intégrale ou partielle est soumise à autorisation. Contacts. En continu.