Simone Massaron

Dandelions On Fire

( Long Song ) - 2008

» Chronique

le 24.10.2008 à 06:00 · par Gaël P.

C'est sans doute dans la perspective d'explorer diverses formes musicales, et, en somme, de s'attaquer à un répertoire visant large, que Simone Massaron a proposé à Carla Bozulich de prêter sa voix à l'enregistrement de ces neuf titres. Cette dernière ayant pour habitude de ne pas se fixer sur un genre précis mais, au contraire, de passer en revue tout ce qui lui passe par la tête. Les fans de l'Américaine ne retrouveront peut-être pas son univers sombre et tordu mais plutôt une sorte d'alternative qui, si l'on ne peut pas dire qu'elle soit apaisée, est, en tout cas, plus lumineuse. Mais revenons à Massaron, car c'est finalement son disque et non, comme on pourrait le croire, celui de Bozulich, même si la forte présence vocale de celle-ci relègue l'Italien au second plan.

Si c'est peut-être dans une posture de retrait que Massaron semble se situer, il est en tout cas très prolifique dans son rôle. Un rôle qui lui va à ravir : servir son hôte sur un plateau par son écriture musicale inspirée. L'expérimentation, la perpétuelle recherche de nouvelles voies, l'Italien en a une grande faim. Que ce soit dans ses créations de bandes sonores pour films muets (en particulier ceux de Murnau, Von Stroheim et Chaplin), ou bien dans ses diverses collaborations avec la crème avant-gardiste italienne, l'homme a toujours eu un sacré talent pour proposer de nouvelles formules musicales. Un talent qui fera d'ailleurs dire à Marc Ribot (pas n'importe qui, donc) que son sens de l'improvisation se situe dans la lignée de Derek Bailey et de Fred Frith. On n'a donc pas affaire à un débutant et l'Américaine qui, dans une interview, nous faisait part de son désir de collaboration, doit être sacrément heureuse de cette invitation.

Qui dit rencontre dit donc, dans le meilleur des cas, échange. On peut dire qu'ici, le résultat de cet échange est pour le moins savoureux. Que ce soit sur une ballade country (Love Me Mine), une composition fiévreuse et égarée (Five Dollar Lottery) ou bien un jazz décomposé (Baby, You So creepy), le chant fait corps à l'instrumentation, et inversement. Faire corps, créer une entité sans que cela soit décousu, voilà un pari réussi par le duo qui permet alors un laisser-aller (entendons là une très grande liberté) salvateur. C'est par ces dédales sonores sans réelles lignes directrices que Massaron parvient à susciter un vive intérêt : perdre un instant tout contrôle pour déceler des possibilités que l'on n'aurait, au départ, pas imaginées. Dandelions On Fire, ou comment prendre des chemins de traverse, s'y risquer et découvrir en soi un nouveau sens de la composition.

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Pochette Disque Dandelions On Fire

» Tracklisting

  1. Never Saw Your Face
  2. Dandelions On Fire
  3. Love Me Mine
  4. The Getaway Man
  5. Five Dollar Lottery
  6. Here In The Blue
  7. Baby You So Creepy
  8. My Hometown
  9. I Saw Him

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