Colour Revolt

Plunder, Beg And Curse

( Fat Possum ) - 2008

» Chronique

le 13.06.2008 à 06:00 · par Eric F.

Si vous invitiez les Colour Revolt chez vous, il y a fort à parier que ceux-ci prendraient rapidement leurs aises, confortablement posés dans le canapé, les pieds sur la table et une bière à la main. Non pas que ceux-ci fassent preuve d'un savoir-vivre défaillant, non. C'est juste que les cinq d'Oxford, Mississippi, semblent à l'aise en toute occasion.

Ils auraient sans doute plein de choses flatteuses à vous dire sur votre discothèque, tant Plunder, Beg And Curse évoque des groupes et des genres bien différents les uns des autres. On pourra donc s'étonner qu'un groupe aussi éclectique soit "logé" chez Fat Possum. Cela reviendrait à oublier que le passionnant label s'est ouvert avec les signatures, entre autres, de Dinosaur Jr, Hayden et Andrew Bird. Tout cela ne fera au final que confirmer l'incroyable nez de Matthew Johnson, le boss du label. On pourrait à peu près tout entendre au sujet de Colour Revolt : "Oh, Fat Possum fait dans le post rock maintenant !" ; "Oh, ce chanteur semble vouloir capitaliser sur le succès de Coldplay" ; "Ah non, il se prend pour Bertrand Cantat désormais". Toutes ces affirmations, et bien d'autres encore, sont totalement fondées, mais très franchement, on s'en fiche pas mal.

Pourquoi ? Tout simplement parce que Plunder, Beg And Curse est un de ces disques bénis comme on n'en avait pas entendu depuis quelque temps, totalement décomplexé et touche-à-tout. Alors oui, Colour Revolt utilise parfois des artifices immédiatement identifiables : ici, un post-rock à la Explosions In The Sky qui, dieu merci, ne vient jamais squatter le devant de la scène, mais meuble plutôt avantageusement les titres (Naked And Red ou Innocent And All, par exemple). Là, des distorsions et ambiances qu'on aurait pu retrouver chez les Screaming Trees (filiation criante sur Swamp), ou encore le Soundgarden dernière période. Mais le quintet possède surtout une puissance d'écriture assez peu commune. Un titre comme A Siren est d'ailleurs la parfaite illustration de ce talent iconoclaste. Le jeu du chat et de la souris que propose le groupe nous mène finalement à un développement imparable faisant la nique à tous les Franz Ferdinand et autres Strokes de la terre entière.

Marquant de subtils changements de tempo, comme sur le placide et poignant Moses Of The South (on pense alors à The Cape May), ou en laissant monter la sauce sans se presser (radical Elegant View), Colour Revolt confirme de bout en bout l'excellence d'un disque que l'on n'avait pas vu venir, mais que l'on n'est pas prêt de laisser partir. What Will Come Of Us ?, s'interroge le groupe sur le titre final. Sans avoir la prétention de jouer les madame Soleil, on est plus que tenté de répondre "Que du bien".

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Pochette Disque Plunder, Beg And Curse

» Tracklisting

  1. Naked & Red
  2. A Siren
  3. Elegant View
  4. See It
  5. Moses Of The South
  6. Swamp
  7. Ageless Everytime
  8. Innocent And All
  9. Shovel To The Ground
  10. What Will Come Of Us ?

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