Doveman

With My Left Hand I Raise The Dead

( Brassland ) - 2007

» Chronique

le 28.12.2007 à 06:00 · par Eric F.

Thomas Bartlett, aka Doveman, est blond comme les blés et beau comme un dieu. Doveman est un ami de The National, il lui arrive d'ailleurs de jouer du piano avec eux. Doveman aurait-il son trigone en Neptune ? Bien sûr que non, car Doveman est triste, très triste. Si l'on est dans un premier temps marqué par la fragile intimité de With My Left Hand I Raise The Dead, son deuxième disque, c'est surtout son insondable mélancolie (le terme est d'ailleurs sûrement trop faible) qui marquera les esprits.

Soulignant cette tristesse quasi abyssale, la voix de Doveman semble souffrir de devoir sortir le moindre mot, s'exprimant alors par des murmures douloureux laissant croire qu'il en coûte énormément au jeune homme de mener ses morceaux à bien. Peut-être est-ce cela qui l'a poussé à séparer (presque) chaque chanson par des intermèdes instrumentaux, tous "nommés" ..., et loin d'être tous satisfaisants à vouloir chercher une forme d'abstraction qui sied mal avec les autres compositions, rendant ainsi l'album un peu plus difficile à digérer.

Car si Doveman ne risque pas de nous filer la patate, on ne pourra pas remettre en cause d'indéniables talents dans l'écriture, mais surtout dans la réalisation de ses morceaux. Commençant en général en sourdine, Thomas Bartlett vogue ensuite progressivement vers des sphères haut placées, où la discrète mais solide interprétation soutient avec brio les excès de dépression aiguë de la voix (on jurerait vraiment qu'on va l'entendre se mettre à pleurer sur certains passages.)

Faits de tout petits rien, les grands moments de ce disque (Tender Mercies et Ghosts avec sa trompette vengeresse en tête) soulignent bien à quel point le moindre détail peut se révéler crucial, et quand la guitare (souvent délaissée au profit du piano) et la batterie accélèrent quelque peu le rythme (cette notion restant bien sûr relative), le résultat n'est pas mal non plus, comme le prouve Sunrise, sûrement le titre le plus émouvant du lot.

Si l'on déconseillera ce disque aux dépressifs en stade terminal, il n'est pas interdit de voir Doveman comme un artiste à surveiller, tant on sent que son potentiel pourrait prendre de l'ampleur, pour peu que Thomas Bartlett laisse de côté ses aspirations abstraites et inabouties.

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Pochette Disque With My Left Hand I Raise The Dead

» Tracklisting

  1. The Sunken Queen
  2. ...
  3. Tender Mercies
  4. ...
  5. Sunrise
  6. Chasing Clouds
  7. ...
  8. Ghost
  9. ...
  10. Castles
  11. ...
  12. Fireworks
  13. ...
  14. Happy
  15. ...
  16. Secret

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