Fennesz

Hotel Paral.lel

( Mego ) - 1997

Réédition, remasterisée et augmentée : 2007.

» Chronique

le 28.09.2007 à 00:00 · par Marteen B.

Christian Fennesz deviendra bientôt une des figures les plus respectées de la scène électro-arty, architecte sonore aux ambiances hypnotiques et feutrées, travaillant avec Jim O'Rourke, Mike Patton ou Ryuichi Sakamoto. Endless summer recevra les louanges les plus dithyrambiques, au-delà de la stricte sphère électronique.

Un enregistrement collectif, GRM Experience, au studio GRM de Radio-France (Groupe de Recherches Musicales, fondé par le père de la musique concrète, Pierre Schaeffer), confirme le statut d'autorité du musicien.

Mais en 1997, moment où paraît Hotel Paral.lel, Fennesz est un guitariste autrichien à peu près inconnu, dont le principal fait d'arme consiste en sa participation au groupe de rock Maische.

À la première écoute, il n'est pas évident de reconnaître dans Hotel Paral.lel un disque à guitare. Ce qu'il est pourtant. De la guitare concrète. Ladite guitare est branchée tour à tour, par ordinateur interposé, sur une machine à écrire, une perceuse à percussion, un tambour de bétonneuse, un rouleau de Scotch électrique, une boîte à rythme binaire, un arc à souder, une meule à diamant. Souvent, les souffleries thermiques et le bruit blanc supplantent l'instrument, mais sinon, dûment séquencés, les bruitages, larsens, scratch et grésillements de la guitare tournent en vrille, s'engouffrent dans des échos de cathédrale et forent des séquences rythmiques soutenues – sur certains morceaux aussi insistantes qu'une rythmique rock, même si exclusivement bricolées et industrielles. La guitare se manifeste en cliquet, ronflement, strie ou bourdonnement de guêpe mécanique. Le guitariste racle une bonne part de ses saturations comme un métallo, car en plus du travail sur le son, la musique est jouée : Fennesz plaque, frappe, délie, cadence par son jeu de guitare les propositions soniques de son ordinateur, jusqu'aux curieux arpèges fracassés de aus, morceau de fin, ou de retour à l'univers musical classique – avec pour le coup une rythmique syncopée presque baggy, même pulsée de ses bup bup dignes des premières consoles Atari.

La musique qui en résulte oscille entre plage sonore et construction instrumentale. Elle cogne dans la poitrine, presse les entrailles, grouille dans les oreilles, broie. Elle inquiète, elle alerte. Elle vaut suspense. Un titre comme Fa fournirait d'honorables suées en bande son de course-poursuite azimutée à une adaptation cinématographique d'Enki Bilal période 32 décembre.

Hotel Paral.lel reste un disque un peu à part dans la discographie de l'Autrichien, nettement plus brut, nettement moins planant et moins facile que la suite de sa production à caser en Musique d'ameublement (Tenture de cabinet préfectoral, Tapisserie en fer forgé, Carrelage phonique) – genre dont la paternité ne revient pas à Brian Eno, mais à Erik Satie.

À ce titre, le disque peut séduire sans peine des auditeurs peu portés vers la musique électronique ambient.

Hotel Paral.lel, remastérisé, complété d'un titre initialement sorti en single, 5, et d'une vidéo, fait l'objet d'une réédition par le label autrichien Mego.

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Pochette Disque Hotel Paral.lel

» Tracklisting

  1. Sz
  2. Nebenraum
  3. Zeug
  4. Blok M
  5. Santora
  6. Dheli Plaza
  7. Fa
  8. Traxdata
  9. GR-500
  10. Szabo
  11. Uds
  12. Herbert Missing
  13. Super Feedbacker
  14. Aus
  15. 5

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