Mice Parade

Mice Parade

( Fat Cat / Pias ) - 2007

» Chronique

le 03.09.2007 à 06:00 · par Dominique K.

Adam Pierce fait partie de ces musiciens polymorphes, qui sont aussi à l'aise dans le format pop/rock traditionnel que dans les projets avant-gardistes. Mice Parade serait à la croisée de tout ceci : une musique, accessible au commun des mortels mais qui ne se laisse pas amadouer par les sirènes commerciales, et emprunte de recherches sonores suffisamment sophistiquées pour que la critique pointue se penche dessus. Cependant, ce jeu d'équilibriste ne dessert-il pas son artiste au bout de quelques disques ? A ne pas choisir, on peut se retrouver coincé dans une impasse.

Cet album éponyme marque à la fois l'indéniable talent d'Adam Pierce dans les pièces mélodiques et pose définitivement ses limites en tant que défricheur de sons et de recherches harmoniques. Reproduisant les mêmes schémas, il invite à nouveau, Kristin Anna Valtysdottir (Múm) sur Double Dolphins on the Nickel, où sa voix mutine fait réellement sensation, et Laetitia Sadier (Stereolab) sur le meilleur morceau de l'album Tales of Las Negras, dont l'intro est une merveille (entre arpèges d'une finesse incroyable et nappes synthétiques répétitives). En dehors de ces deux morceaux, le reste est à l'avenant. La voix étouffée d'Adam Pierce ne convainc pas et ses envolées lyriques à la guitare, comme sur le pourtant très bon dernier morceau, The Nights After Fiction, restent coincées dans les starting-blocks, comme si son auteur s'interdisait définitivement toute introspection et extrapolation superflues.

Tout le long des neufs titres, Adam Pierce fait donc preuve d'une grande maîtrise, parfois ça tend vers le sublime, d'autres fois on aurait aimé qu'il lâche la bride comme sur The Last Ten Homes, véritable morceau-miroir dans lequel toutes les qualités et limites de l'artiste se sont données rendez-vous. Révélateur d'une recherche poussée d'un l'équilibre si savamment orchestré entre flamenco et pop/folk toute américaine, le morceau peine à sortir de ces limites imposées. Il est certes exempt de superflu et ne tombe pas dans la facilité. Oui, mais ça ne reste qu'un exercice de style, les rondeurs acoustiques de Mice Parade finissent par ennuyer.

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Pochette Disque Mice Parade

» Tracklisting

  1. sneaky red
  2. tales of las negras
  3. the last ten homes
  4. snow
  5. double dolphins ont the nickel
  6. satchelaise
  7. swing
  8. circle none
  9. the nights after fiction

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