James Blackshaw

The Cloud of Unknowing

( Tompkins Square ) - 2007

» Chronique

le 17.10.2007 à 06:00 · par Gaëtan S.

Tout juste deux ans après le sublime Sunshrine, et un an après le très réussi O True Believers, revoilà déjà le jeune (rappelons qu'il n'a que vingt-six ans) prodige anglais de la guitare douze cordes. Vraisemblablement vagabondeur, James Blackshaw sort sa nouvelle production, The Cloud of Unknowing, sur Tompkins Square, label différent mais non moins respectable que ses prédécesseurs (Digitalis et Important).

Avec The Cloud of Unknowing comme morceau d'ouverture, on retrouve le bonhomme sans cacher sa joie. Avec son jeu toujours aussi flamboyant, dans la plus droite lignée "faheysienne" mélangeant le folk avec des harmonies mêlées d'orient et de musiques indiennes, James Blackshaw arrive toujours à émouvoir. Une tristesse infinie se dégage des mélodies flottantes. Le jeu en finger-picking avec une guitare en open-tuning lui permet d'exploiter au maximum les possibilités de résonance et d'avoir ainsi plusieurs niveaux d'écoutes en simultané. Au fil des minutes, on découvre alors les subtiles cohabitations des longues lignes mélodiques, sur lesquelles viennent se poser des motifs beaucoup plus courts et virevoltants. Malgré la grande maîtrise technique dont il fait preuve, il évite encore une fois l'écueil, et n'abandonne jamais l'émotion au profit de la démonstration.

Comme il l'a fait par le passé, James Blackshaw introduit une fois de plus d'autres instruments pour amener une couleur différente à ses morceaux. Ainsi, on retrouve du glockenspiel sur Running to the Ghost, mais aussi une nouveauté : la présence d'un violon sur deux titres (Running to the Ghost et Stained Glass Windows). Si le premier est le morceau le moins marquant de l'album (un tantinet trop gentillet), le deuxième, qui clôt le disque, mérite les éloges enthousiastes. Mêlant le James Blackshaw "classique" (comprendre absolument fantastique dans le choix de ses mélodies) et un autre plus "jusqu'au-boutiste" avec un final épique et bordélique à la fois. Assurément à l'aise avec les morceaux qui durent (il fait plus de quinze minutes), l'Anglais nous emmène dans une montée aux mélodies tournoyantes pour nous laisser dans un chaos répétitif, au violon grinçant et à l'ambiance glaciale. Cette phase plus expérimentale de son travail, se rapprochant plus de la musique concrète, on la retrouve auparavant dans Clouds Collapse, un morceau court niché au milieu du disque. Il offre d'ailleurs une symétrie quasi parfaite dans l'architecture du disque, où deux morceaux longs, sur lesquels on sent l'ombrageuse humeur de la mélancolie, sont placés en tête et queue de l'album alors que deux titres plus courts et lumineux (avec le très beau The Mirror Speaks) composent le coeur de The Cloud of Unknowing.

S'il fallait trouver des défauts à ce disque, on se tournerait alors vers sa production. Que ce soit au niveau de la pochette ou du son, cela apparaît un peu trop lisse. La guitare n'est pas aussi sèche et brute qu'à l'accoutumée, ce qui rend l'écoute un peu trop sage. Quand au digipack effet brillantine, on est assez loin des packagings plus classieux et amateurs de Digitalis, Important Records ou encore Kning Disk (auteur de la très recommandable réédition de l'album live Waking Into Sleep). Mais mis à part ces remarques un brin élitistes, on se réjouira une fois de plus de l'effort de James Blackshaw, qui sort définitivement de la catégorie des grands espoirs pour celle d'artiste confirmé sur lequel on peut compter, aux côtés d'autres grands noms de la guitare acoustique tels que Jack Rose ou Sir Richard Bishop.

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Pochette Disque The Cloud of Unknowing

» Tracklisting

  1. The Cloud Of Unknowing
  2. Running To The Ghost
  3. Clouds Collapse
  4. The Mirror Speaks
  5. Stained Glass Windows

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