The Lost Domain

Palace

( Pseudo Arcana ) - 2006

Enregistré en Novembre 2003 au Pink Palace à Brisbane (Australie)

» Chronique

le 23.07.2007 à 06:00 · par Benjamin A.

The Lost Domain pourrait être une sorte de Residents de l'Avant-Folk. Ses membres, cachés sous les pseudonymes John Henry Calvinist, Mr e, Papa Lord God, Frankie Lee & L Tone jouent ensemble depuis maintenant plus de quinze ans, en affichant jusqu'à ces dernières années une distance vis-à-vis de leur propre promotion qui leur a valu une incroyable non-connaissance du public. Il a fallu l'intêret de labels comme Digitalis ou Broken Face Recordings (le label de Mats Gustafsson), depuis 1994, avec la reparution de Sailor Home from the Sea, pour que leurs disques deviennent accessibles. Mais finalement, cette absence de communication a construit autour d'eux un certain secret, et donc inévitablement un engouement qui ne cesse désormais de s'étendre. Limiter cet engouement au simple fait qu'ils soient restés relativement dans l'ombre serait une erreur, tant le groupe s'impose à chaque fois par des enregistrements captivants et d'une qualité sans faille.

Palace impose un décor et un rythme qui frappe tout au long du disque par sa lenteur, sa puissance hypnotique et sa trame en continuum qui pousse à un étrange sentiment de dépossession de soi. Le panel d'instruments du groupe est assez éloquent, citons l'orgue, la guitare, la clarinette, la boîte à rythme, la trompette de poche, la batterie ou le saxophone. Mais The Lost Domain n'en est pas pour autant un ensemble strictement acoustique : l'électricité est omniprésente et les effets se mêlent aux cordes et aux archets à un point de fusion tel que la dissociation des deux n'est presque plus possible. Si le groupe a puisé dans le free jazz (du côté de Sun Ra ou de l'Art ensemble of Chicago, par exemple), c'est certainement du côté d'un éclatement total des structures, et s'il garde en lui des réminiscences de sonorités planantes et statiques, ce n'est que pour plonger l'auditeur dans cette absence d'accélération qu'est l'impesenteur.

Palace est un disque qui semble ne jamais pouvoir s'arrêter, ne pas avoir de rythme, un cycle naturel troublé au troisième titre par des hommes poussant des râles. Palace est en fait un disque qui s'écoule, un ensemble de fragments sonores flottants sur des nappes de drones hypnotisants qui ne réussissent jamais à construire un ensemble cohérent . Le résultat est saisissant et pousse à une impression trépidante et rare de s'écouter en train d'écouter de la musique.

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Pochette Disque Palace

» Tracklisting

  1. Sans Titre
  2. Sans Titre
  3. Sans Titre
  4. Sans Titre
  5. Sans Titre

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