Eleventh Dream Day

Prairie School Freakout - Wayne

( Thrill Jockey ) - 2003

Réédition

» Chronique

le 18.04.2007 à 06:00 · par Eric F.

Louisville, été 1987. Après avoir avalé les kilomètres qui séparaient Chicago de la ville de Slint, les membres d'Eleventh Dream Day rentrent dans le studio exigu qu'ils ont réservé pour la journée. Celle-ci est suffocante, les alertes à la pollution sont à leur niveau le plus haut. Bref, pas vraiment des conditions idéales pour faire du rock. Mais de tout cela, Eleventh Dream Day n'en a cure. Le groupe qui n'a alors qu'un EP à son actif, dont ses membres ne sont pas entièrement satisfaits, n'a pas vraiment de plan précis. Il n'est pas vraiment question d'enregistrer un disque, mais plus de lancer quelques idées, d'évoluer, mais aussi de passer du bon temps. Après avoir acheté un pack de bière, devenu presque indispensable, le groupe se lance, bien motivé à profiter le plus possible du temps de studio qui lui est alloué. Mais voilà, l'ampli du guitariste Rick Rizzo émet des buzz continus qu'il tentera en vain de réprimer. Insupporté par l'omniprésence de ce bruit parasite pendant les passages calmes, Rizzo trouve bien vite la parade : éviter tout simplement de tels passages et tout donner sur chaque titre.

Si les conditions d'enregistrement pas forcément idéales sont à créditer pour la rage insouciante du groupe ou pas est un mystère, mais Prairie School Freakout et son complément l'EP Wayne sont définitivement les pierres angulaires du groupe, définissant clairement son identité, que seul El Moodio arrivera a dépasser. Armé de lourdes Gibson, Rick Rizzo balance ses riffs sans se poser de questions, ce qui est compréhensible quand on sait que les guitares tentaculaires de Braid Figi sont derrière pour assurer. On a donc droit à un début de disque tonitruant (qui ne s'essouflera d'ailleurs pratiquement pas), Coercion faisant office de premier paroxysme, impressionnant de maîtrise. Si Janet Beveridge Bean se plaint du son de sa batterie, elle est bien la seule, tant le tourbillon sonore provoqué par le groupe ne laissera transparaître qu'un beat tenu avec une ardeur tout martiale. Avant même de former Tortoise, Doug McCombs s'apprêtait déja quant à lui à devenir le meilleur bassiste de toute la scène chicagoane.

Marqué par une insouciance toute adolescente, Eleventh Dream Day réussit donc, sans même vraiment essayer, à produire un des tous meilleurs albums de l'histoire du rock indépendant américain. Il suffit pour s'en convaincre de laisser la Tarantula écouler son poison enivrant où la slide de Figi et les voix mêlées de Rizzo et Beveridge Bean font des miracles. Tout comme ce Tenth Leaving Train et ses onze minutes dix-neuf, qui servent beaucoup mieux d'hommage à Neil Young que la reprise de son Southern Pacific. Et si l'influence du Canadien est plus qu'évidente, on se demande encore pourquoi aussi peu de jeunes groupes citent Eleventh Dream Day comme référence. Mais voilà qu'on me glisse que, de nos jours, même les groupes d'ados préfèrent se concentrer sur leur tenue de scène et leur attitude...

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Pochette Disque Prairie School Freakout - Wayne

» Tracklisting

  1. Watching Candles Burn
  2. Sweet Smell
  3. Coercion
  4. Driving Song
  5. Tarantula
  6. Among The Pines
  7. Through My Mouth
  8. Beach Miner
  9. Death Of Albert C. Sampson
  10. Life On A String
  11. Tenth Leaving Train
  12. Southern Pacific
  13. Go

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