Transmusicales de Rennes

Le Hall 3, phare de nos nuits Transmusicales !

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le 10.12.2012 à 06:00 · par Sébastien D.

Tout compte-rendu de festival est toujours très subjectif. Mais pour un festival qui programme plus de 100 groupes, et dont on a raté le premier jour, l'exercice est encore plus périlleux. Ce sont donc ici des coups de cœur et des chavirements personnels, et il y en a eu dans cette édition des Transmusicales de Rennes.

La soirée de vendredi commence en douceur dans l'immense Hall 9 du Parc expo au son des rythmes salsa de la fanfare colombienne Ondatropica. De quoi se délier les jambes avant d'affronter une longue et belle nuit de musique. On profite de rester dans cette salle pour voir l'une des têtes d'affiche de ces Transmusicales : Rachid Taha et son Zoom Project. On y voit un backing band dévoué, avec en invité prestigieux, non pas Brian Eno (qui a travaillé sur un album à venir avec Rachid Taha et un temps attendu) mais Mick Jones des Clash, qui en a profité pour parfois voler la vedette à un Rachid Taha goguenard mais manifestement incapable de tenir le premier rôle sur scène.

Direction ensuite le Hall 3 qui deviendra le phare de nos pérégrinations le reste du week-end !

Les Von Pariahs, ces nantais emmenés par un chanteur franco-britannique, assument jusqu'au bout leurs influences Curtisiennes avec un concert palpitant, plein de fougue et me donnent mon premier vrai plaisir de ces Transmusicales. Cette relecture du post-punk ne pue pas la rance nostalgie, elle lui redonne vie et le réinvente quand elle est jouée avec cette envie-là. [Vidéo du concert sur arte live web]

Après ces premiers frissons, trois néerlandais montent sur cette même scène et produisent ce qui sera peut-être le plus beau set de ces Transmusicales 2012. Birth Of Joy. Avec une formation guitare, orgue, batterie, ce groupe emporte littéralement le public rennais, lui infligeant des spasmes spatio-temporels en lui faisant notamment revivre ces années 60 souvent fantasmées. Et bien sûr, on entend Jim Morrison, ses cris, sa voix, pas son fantôme, le vivant fait de chair et d'os. Les Doors, mais aussi beaucoup d'autre chose dans cette musique qui transpire le blues et le rock'n'roll. Et le tout entre 3 et 4h du matin. Pour leur premier concert en France, ils frappent un grand coup !

Quelques courtes heures de repos plus tard, nous voici au 4bis (une vraie salle de concert, ça change des halls d'expos) à écouter les danois de Get Your Gun. Malgré une voix habitée, le concert ne parvient pas à décoller. Sans doute la gravité des trois jeunes hommes y est pour quelque chose.

Changement d'ambiance à l'Aire Libre et sa salle en gradins et places assises, pas très adaptée à la furie J.C. Satàn. Mais le groupe met le feu en un set court mais ultra-efficace, la part belle faite aux morceaux du dernier album, chroniqué ici. Le concert à peine achevé, une envie irrépressible de les revoir au plus vite, dans des conditions plus appropriées à la libération des sens et des pulsions retenues !

Le retour au Parc expo se fait à pied depuis l'Aire libre. Direction le désormais mythique Hall 3, où il faut, comme la veille, attendre une heure avancée de la nuit (cette fois 2h du matin) pour avoir droit à un grand moment de bonheur collectif. Hot Panda arrive sur scène, le batteur affublé d'un masque de cheval, et le chanteur attisant la foule en annonçant un « rock'n'roll show ». Le décor est planté, mais on ne s'attend pas encore à pareille réussite. Eux non plus, apparemment, tous démonstrativement heureux de se retrouver devant un public aussi nombreux et fiévreux. La transformation sur scène de leur pop bricolée en power pop envenimée est manifestement la preuve que ce groupe a de l'intelligence et surtout un énorme potentiel. Les deux reprises magnifiques et ultra-fidèles de Nirvana ont semble-t-il dynamisé le groupe et lancé véritablement le concert, qui n'a eu de cesse ensuite de susciter un enthousiasme débordant, le sourire aux lèvres et les pieds désarticulés. Cette seule date européenne (la tournée a été annulée) devrait leur ouvrir en très grand les portes du vieux continent en 2013. [Vidéo du concert sur arte live web]

Après un tel débordement d'énergie et de joie communicative, difficile d'envisager une suite. C'était sans compter sur les compères Stanton Warren et Peter Aaron qui composent le groupe Avondale Airforce et qui emmènent un public clairsemé, mais passionné jusqu'aux heures les plus avancées de la nuit au son de boucles psychédéliques de guitares éventrées, de voix gorgées de réverb et d'une boite à rythme martial. On évoque Suicide, Syd Barrett, mais c'est peut-être du côté du Velvet Underground qu'il faut rechercher les forces évocatrices. Leur unique album est sorti sur le label rennais Beast Records, une des raisons sans doute de leur présence ici. Jean-Louis Brossard, patron des Trans, souhaitait, avec Avondale Airforce "terminer [les Trans] sur un truc un peu barré". Pari encore réussi, pour notre plus grand plaisir !

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