The Devastations

Une journée en musique avec Conrad Standish

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le 12.08.2007 à 06:00 · par Eric F.

Il est l'heure pour moi d'enfiler mon costume de journaliste, coller une carte de presse sur mon chapeau et plus généralement de faire croire que je sais ce que je suis en train de faire...

Je ne vais pas faire la chronique d'un disque ou un truc du genre. C'est très rare que j'écoute un album du début jusqu'à la fin ces jours-ci (même si le dernier en date a été Docteur Faust par Igor Wakhevitch, qui m'a complètement bousillé le cerveau). J'implore vraiment tous les lecteurs qui aiment cette musique cabossée à la Jean-Claude Vannier, toujours prompte à éradiquer quelques neurones, de jeter une oreille là-dessus. Je crois que ce disque est sorti en 1971, ou dans ces eaux-là. Bon courage.

Bref, aujourd'hui je vais vous parler des chansons que j'écoute au quotidien, elles ont chacune une utilité bien spécifique. Je vais m'y prendre par ordre chronologique : matin, après-midi, soir et coucher.

Donc quand je me réveille je descends à la cuisine au sous-sol où je me fais un café et des tartines de Vegemite (NDLR : spécialité toute aussi australienne que bizarroïde et peu ragoûtante), je regarde à travers la fenêtre et en voyant la rue j'essaye de continuer à croire que Londres aura un été. C'est à ce moment que j'aime être bercé par le O Leãozinho de Caetano Veloso. Je n'ai aucune idée de ce que ça peut raconter, mais ça m'aide à me sentir bien le matin. J'adore m'imaginer caché derrière des palmiers à observer des Brésiliennes peu vêtues en train de manger des mangues en riant, des conneries du genre. C'est un ami qui m'a passé ce morceau, je crois qu'il l'a trouvé sur une compilation Tropicalia.

Bien, on est désormais passé à l'après-midi (je prends mon petit déjeuner très lentement). Pour me faire tenir jusqu'au soir, je vais sûrement avoir besoin de quelque chose de beaucoup plus viscéral que Caetano Veloso. Ces temps-ci, l'antidote m'est apparu sous la forme de Plaster Casts Of Everything, tiré du nouvel album éponyme des Liars. C'est une superbe chanson. Incroyablement simple, excitante et assez arty pour que vous ayez envie de continuer à l'écouter encore et encore. Le reste du disque est tout aussi bon, voir meilleur même, mais c'est de cette chanson qu'il s'agit. Liars vient de sortir chez Mute.

A l'heure où la lumière se fait moins forte, je suis un peu fatigué par tout cet air-guitar et je n'ai plus trop envie de repeindre les murs avec mon sang et mon urine. On va se calmer un peu. Vers les années soixante-dix est apparu un musicien/producteur autrichien nommé Kurt Hauenstein aka Supermax. Il semblerait que son but était de composer la "musique la plus branchée au monde". Ce sont ses propres mots, pas les miens. Ceci dit je suis assez d'accord. Quoi qu'il en soit, il y a cette chanson, Ain't Gonna Feel sur son album World Of Today qui est une introduction parfaite à la boite de nuit qui n'existe pas, tout au ralenti, avec du glamour, des talons hauts et des miroirs. Une sorte de funk céleste et narcotique qu'écouteraient les filles sur les pochettes des disques de Roxy Music. Si j'avais le moyen de vivre dans cette chanson, je ne m'en priverais pas !

J'enchaînerais sans doute sur le I Din't Mean To Turn You On de Robert Palmer.

Natruellement, je suis plutôt fatigué après avoir baroudé dans la jungle tropicale du Brésil avec Caetano Veloso et les princesses à moitié nues qui cultivent les mangues, puis agressé mes synapses avec la chaleur blanche et oblique des Liars avant de finir dans une boite de nuit sur Neptune à boire des champagnes hors de prix avec Supermax.

C'est l'heure du lit.

Ca fait bien longtemps que je me vais me coucher avec Discreet Music de Brian Eno. Chez moi, en tournée, où que ce soit. C'est sans aucun doute le morceau le plus apaisant, délicatement psychédléique et invitant au sommeil que je connaisse. Il dure environ une demi-heure et je crois que je ne suis arrivé à la fin sans m'endormir qu'une seule fois. C'est magnifique. Vous saluerez le marchand de sable.

Voilà, ces quelques chansons valent largement que vous y consacriez de votre temps. Faites l'effort de les trouver. Vous les adorerez. Elles ne vous décevront pas, d'aucune manière que ce soit.

Conrad Standish

PS : Cette journée est quelque peu fictionelle, mais soyez indulgents !

PPS : Pour le matin, vous pouvez aussi bien écouter Just Drifting par Psychic TV, ça fonctionne tout autant.

Le troisième album de The Devastations, Yes, U, sortira le 17 septembre chez Beggars Banquet.

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